‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 58 sur 348 · SÉRÉNITÉ DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

SÉRÉNITÉ DE BEAUMONT

Quoique tous les gens de bien gémissent de voir la Compagnie de Jésus éteinte en France, et que par cette raison tout ce que vous et plusieurs de vos collègues dans Tépiscopat avez écrit pour sa défense puisse paraître n'avoir servi de rien dans cette cause , vos écrits cependant ne sont pas inutiles. Il est très important, pour tous les fidèles de toutes les nations du monde, qu'on publie qu'un Institut qui a pour auteur un homme auquel on rend le culte et les honneurs des saints, qu'un Institut comblé d'éloges par beaucoup d'autres que l'Église a mis aussi au nombre des saints, qu'un Institut que l'Église a maintenu et protégé pendant plus de deux cents ans , a été contre tout droit et toute justice, à la honte et au souverain mépris de l'Église, Épouse de Jésus-Christ, déclaré irréligieux et impie par des hommes qui n'ont aucune autorité pour juger de ces matières!.

Beaurnont, qui s'attendait à tout, mais qui venait de déclarer, dans son Instruction même, qu'il avait appris à craindre plus Dieu que les hommes^ fit mieux encore que se résigner à voir venir l'effet des menaces. Il alla droit à Versailles pour offrir à Louis XV une copie du mandement incriminé. Le roi , toujours au rapport de Caylus, aurait « tourné le dos », et Tarchevèque serait revenu, avec son papier, « personne,. ni ministre, ni autre, n'ayant voulu le recevoir^ ».

Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'on eut de la peine, les premiers mois, à se procurer des exemplaires de ce grave document, bien que, d'après le journal du parti, « l'archevêque de Paris, les prélats ses adhérents et les Jésuites n'eussent rien épargné pour en multiplier les éditions et les traductions et pour en infecter la France et toute l'Europe^ ». L'évêque d'Amiens lui-même, qui

> Bullarii romani continuation p. 865 (Bref du 4 avril 1764).

' Leltre du t5 janvier 1764.

' Nouvelles ecclésiastiques de I76î, p. 150.

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