ADHESION AUX ACTES DU CLERGE
grée contre ce qu'il appelle « quelques polissons » qui « pour avoir la pièce » criaient plus fort que les autres : « Vive Monseigneur l'archevêque de Paris ^ ! »
En somme néanmoins, au témoignage même de Voltaire, si quelqu'un perdit son procès dans cette afTaire des Ursulines, ce fut moins Christophe de Beaumont que le Parlement. « Cela est bien juste, écrivait-il, l'archevêque est duc de Saint-Cloud, et il faut que le charbonnier soit maître chez lui, surtout quand il a la foi du charbonnier ^, »
Cependant, l'Assemblée générale du clergé de France s'était séparée Ig 2 octobre 1765, en fixant la reprise des sessions au 2 mai de l'année suivante. I^es prélats du royaume s'empressaient d'envoyer leur adhésion aux Actes dont nous avons parlé, en dépit du mauvais vouloir des magistrats qui allèrent, dans certains diocèses , jusqu'à informer contre les ecclésiastiques du second ordre, soupçonnés eux-mêmes d'adhérer à la démonstration des premiers pasteurs.
« L'union des évêques a été parfaite, disait l'évêqne d'Amiens. On en trouvera peut-être, sur cent quarante, trois ou quatre qui se singulariseront par des sentiments dangereux ; mais quand sur vingt il y en aurait un qui ne s'accorderait pas avec les autres dix-neuf, l'union passerait toujours pour être entière. Ce n'est que dans le ciel qu'on ne trouve point d'exception ^. »
L'unanimité du corps épiscopal ne fut pas , en effet , tellement absolue, qu'on n'eût à regretter l'abstention
1 Journal de Hardy, (fiibliot. nation , section des mss., n» 6681, 30 juin, 8 août et 6 septembre 1772.
* Lettre à Damila ville, 4 novembre 1765.
* Lettre à une carmélite d'Avignon, 13 octobre 1765.