MALADIE GRAVE DU DAUPHIN
plus inquiétante reparurent avec des caractères d'une extrême gravité.
L'archevêque de Paris, bien fait pour sentir ce que la mort d'un tel prince pouvait causer de préjudice aux intérêts généraux de la religion dans le royaume , multipliait ses voyages à Fontainebleau, cherchant à se faire illusion sur un péril de jour en jour plus menaçant. Au lendemain de l'une de ces visites , le dauphin ayant témoigné le désir de lui parler encore, Louis XV écrivit à ce prélat « qu'il servait lui-même de secrétaire au meilleur de ses amis, afin de l'engager à venir le voir pour la dernière fois, lui recommandant de ne pas tarder à donner cette satisfaction à lui et à son fils * ».
Beaumont rapporta de cette entrevue du 8 novembre assez d'appréhension pour ne plus attendre à recommander le dauphin aux prières de ses prêtres , et des billets qu'il envoya d'urgence dans toutes les sacristies enjoignirent d'ajouter à toutes les messes les oraisons pro serenissimo Delphino infiimio. Le 13, l'avis suivant fut affiché aux portes des églises et des chapelles :
Quoique Mgr le Dauphin se soit trouvé un peu plus soulagé 'ce matin que pendant la nuit précédente, qu'il avait passée avec beaucoup d'agitation, sa piété Ta porté à demander de recevoir le saint Viatique. Sa Majesté désirant que l'on fasse des prières publiques pour demander à Dieu le rétablissement de la santé de ce prince, Mgr l'archevêque ordonne que dans toutes les églises de la ville , faubourgs de Paris et autres villes de son diocèse, on commencera demain les prières des Quarante-Heures , lesquelles continueront pendant trois jours avec exposition du très-saint Sacrement ^.
1 Vie de Louis /A', dauphin de France, par l'abbé de Villiers, p. 344.
* Soldini assure que « presque tout le jour, une ou plusieurs d'entre Mesdames de France adorait le Saint-Sacrement. > {Bibliothèque nationale. Supplément franc. 4275.)