SERVICES FUNÈBRES
On a dit avec raison que l'empressement des populations à célébrer les obsèques du prince, sur toute la surface du royaume, parut sans exemple. A Paris, ce fut Beaumont qui présida, le 1" mars 1766, au service religieux dans la basilique de Notre-Dame. Le duc de Berry, nouveau dauphin, était à la tète du deuil dont le duc d'Orléans et le prince de Gondé firent les honneurs ^ Trente-six prélats y assistèrent, et l'on n'eut à regretter que l'insuffisance notoire de l'orateur chaîné de l'oraison funèbre. Loménie de Brienne frayait déjà trop avec la secte philosophique pour être homme à tirer des exemples d'une telle vie la haute leçon qu'on était en droit d'attendre ; il faut dire que Champion de Cicé ne fut guère mieux inspiré dans le discours qu'il prononça, le 12 mai, au couvent des Grands-Augustins,
en présence de l'archevêque de Paris, du cardinal de
Luynes, du nonce apostolique et de soixante autres prélats.
Le plus bel éloge du prince devait se manifester par les larmes de ces habitants des campagnes, accourus en foule de plusieurs lieues à la ronde, pour saluer au passage le char qui emportait à Sens les dépouilles mortelles. C'était pitié d'entendre ces braves gens répéter en sanglotant : « Dieu nous a bien punis ! nous ne méritions pas d'avoir jamais un si bon roi ! »
A partir de ce jour, l'inconsolable Marie-Josèphe ne
1 Le duc de Berry descendit à rarchevêché à dix heures et demie, il y dîua avant la messe qui fut célébrée à midi. La cérémonie ne s'acheva que vers trois heures (Cf. Hardy, le^mars 1766). — Treize jours après, nouveau service à Notre-Dame pour Don Philippe, duc de Parme : l'archevêque de Paris présidait, comme il le fit plus tard encore, le 12 juin, pour le service du roi Stanislas, au milieu d'une assistance de cinquante-deux prélats.