‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 111 sur 401 · SES PREMIERS ACTES · texte numérisé non relu

SES PREMIERS ACTES

gouvernement ecclésiastique , M. de Beaumont se proposa de ramener à l'unité ceux que la faiblesse ou les préventions avaient jetés dans les rangs d'un parti. Il crut qu'un usage plus sévère de l'autorité était nécessaire pour remédier aux abus ; mais en même temps il donna lui-même l'exemple de l'attachement aux règles et du courage ; et dans les moments de danger, son clergé le ^it toujours à sa tête et s'exposant lui-même aux coups pour protéger ses coopérateurs ^ »

Un de ses premiers actes avait été de résigner son abbave commendataire de Notre-Dame de Vertus. Elle échut à l'abbé de la Croze de Faramant, prévôt d'Ainay, qu'il avait connu jadis à Lyon, et dont il voulut faire le vice-gérant de son officialité et l'un de ses vicaires généraux. Mais le choix que la secte ne pouvait pardonner à Christophe de Beaumont était celui de l'abbé Olivier- François d'Urvoy , dont il avait apprécié le mérite au chapitre de Saint -Pierre à Vienne, et qu'il s'empressa de pourvoir d'un canonicat à Notre-Dame de Paris.

Sur ces entrefaites, l'abbé d'Harcourt s'était démis de son décanat. Vainement ses collègues le pressèrent de revenir sur cette détermination : « J'espère, leur écrivait-il, que vous me rendez la justice d'être persuadés qu'avant de prendre le parti de vous remettre le doyenné dont vous m'avez honoré , j'ai fait toutes les réflexions qu'exige l'importance de cette démarche ^, » Le lundi 4 avril 1747 , les suffrages se portèrent sur l'abbé de Saint-Exupéry, compatriote de Beaumont^. Nicolas

1 Ami de la Religion, t. XXXIV, p. t94. ^ Lollro autographe du IG avril 1747.

^ Né à Sarlat, en 1701, d'une famille noble de ce diocèse, Jean de Saint- Exupéry était devenu chanoine de l'Église de Paris, le 3 février 1730. La

122 RÉCRIIVHNATIONS HOSTILES.

Regnauld, archidiacre de Paris, le proclama aussitôt doyen, puis entonna le Te Deum dans le chœur de Notre-Dame , pendant qu'on allait à Tarchevêché pré • venir le prélat de procéder sur l'heure à l'installation.

La dignité de Grand-Chantre se trouvant ainsi vacante , Beaumont la fit passer sur la tète d'Urvoy , en dépit des jansénistes qui s'étonnaient que l'archevêque n'eût pas trouvé çle sujet à' sa convenance dans le clei^é du diocèse, tandis qu'il en distinguait un, à cent lieues de la capitale, pour lui donner cette importante charge, la seconde du chapitre ^ N'avait-il pas sous la main M. Le Fèvre d'Eaubonne , chanoine de Notre-Dame depuis trente-deux ans? Le choix de cet homme de mérite était marqué d'avance : le Parlement et tout Paris en auraient su bon gré au prélat. Ainsi murmure un de leurs pamphlétaires qui trahit les vraies préoccupations de la secte dans ce candide aveu : « Ce choix aurait déplu au P. Boyer, parce que M. l'abbé d'Eaubonne peut lui être suspect 2. »

Beaumont , qui tenait à dégager ses entours de tout élément suspect, ne voulait pas néanmoins qu'on pût l'accuser d'agir sans motifs sérieux. Il avait attendu jusqu'au 20 septembre pour élever Urvoy à la Chantrerie ;

Ghantrerie lui avait été doanée le 16 novembre 1739. — Le doyen d'Harcourt, auquel il succédait^ mourut trois ans après, dans la nuit du 26 au 27 septembre 1750, à l'âge de cinquante-six ans. Il était chanoine de Notre- Dame depuis le 25 novembre 1720.

1 Parmi ses diverses attributions, le Grand-Chantre, dans le chapitre métropolitain, avait à connaître de tout ce qui concernait les petites écoles de la ville, cité, université, faubourgs et banlieues de Paris. Il lui appartenait de choisir et de mettre en place les maîtres et les maîtresses, comme aussi de les destituer,* s'il y avait lieu. L'appel de ses sentences était immédiatement porté au Parlement.

* Sarcelade», t. II, p. 92.

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