‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 155 sur 401 · ABUS A RÉFORMER · texte numérisé non relu

ABUS A RÉFORMER

sionnaires? Un mystère a toujoui-s plané sur les vrais coupables. Ce qui est hors de doute, c'est qu'on parlait alors de dilapidations scandaleuses^ de friponneries indignes, de dettes. s' élevant à trois millions quatre ou cinq cent mille livres K

Préoccupé depuis longtemps de la nécessité de mettre un terme au mal, Louis XV s*en était ouvert à diverses reprises aux prélats qui s'étaient succédé naguère sur le siège de Paris. Des raisons d'opportunité et de prudence, d'autres motifs encore peut-être retardaient les réformes jugées indispensables et laissaient fâcheusement toutes choses dans l'état. Vintimille, d'ailleui^, était mort, plus que nonagénaire, sans avoir voulu fatiguer sa vieillesse d'un tel souci , et Bellefonds, ravi trop tôt aux espérances que donnait sa fermeté connue, avait à peine pris le temps d'étudier les pièces du procès.

Il appartenait à Beaumont de prendre énergiquement en main les intérêts d'une affaire qui demandait une solution aussi prompte que radicale. Le premier président Nicolaï et le chancelier de Lamoignon avaient bien représenté au roi que l'archevêque risquait de se briser contre une opposition puissante; mais Beaumont, alors même que Louis XV n'aurait pas promis de le seconder de tout son pouvoir , ne paraissait guère d'humeur à céder dans une cause qu'il défendit toujours comme celle de Dieu : la cause des pauvres et des petits. Si quelqu'un, d'ailleurs, pouvait se croire autorisé, plus qu'un autre, à établir un peu d'ordre dans la gestion financière des maisons de charité, c'était

1 Journal de Barbier , t. V, p. 9-2.

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