INSINUATIONS BASSES
taux allaient être retirés des mains de l'archevêque pour entrer sous la direction du comte d'Argenson. « Si cela est vrai, mandait lord Chesterfleld à son fils, ce compromis est une victoire pour la cour et une défaite pour le Parlement ; car si le Parlement avait ce droit, il Tavait aussi bien contre M. d'Argenson que contre l'archevêque ^ »
Dans tous les cas, Beaumont demeurait naturellement exclu du traité. On avait bien trop envie de venger sur son caractère et sa personne les petites avanies qu'il fallait boire. Aussi l'avocat Barbier voyait-il juste quand il écrivait au plus fort de l'action : « Ceci va tomber sur M. de Beaumont, archevêque de Paris -. » Mais, pour le moment, on se contentait d'insinuer que le prélat en était aux bassesses, pour faire teindre en rouge son chapeau. Le gazetier du parti poussait même l'indignité jusqu'à mêler à ces mensonges le manège d'une femme pour laquelle, on s'en souvient, il n'avait pas assez d'expressions méprisantes. Citons une page :
La semaine de la Passion, la dame Moysan, attendant dans une salle l'audience de M. Tarchevêque, faisait l'éloge de ce prélat en présence de plusieurs personnes. Elle louait surtout sa modestie, que le roi avait eu bien de la peine à vaincre pour lui faire accepter l'archevêché de Paris ; et son zèle pour l'Hôpital général, dont elle convint que les besoins augmentaient en même temps que les aumônes et autres ressources diminuaient, ou plutôt se réduisaient à rien ^. Il fut fait mention de quelques sommes fournies par M. l'ar-
1 Letirodu 23 janvier (v. s.) 1752. — Cf. t. II, p. 261.
* Journal^ t. V, p. 125.
' Grosso calomnie janséniste, exploitée encore par les historiens modernes l)our qui Beaumont a tous les torts, y compris celui d'avoir laissé tarir la source des aumônes précédemment faites à Thôpital. Nous leur recommandons