‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 176 sur 401 · LE CHAPEAU DE CARDINAL · texte numérisé non relu

LE CHAPEAU DE CARDINAL

chcvêque, mais dont l'emploi déjà fait laissait subsister les grands besoins de cette maison. Elle eut ensuite la modestie d'exalter ses propres soins pour l'hôpital, qu'elle dit lui donner plus d'occupation qu'à M. de Beaumont le gouvernement de tout son diocèse. Mais ne perdant point de vue son héros, elle ajouta que se promenant un jour dans le jardin de l'hôpital, seule avec ce prélat, elle lui dit : «. Monseigneur, vous voilà archevêque de Paris, vous voilà cordon-bleu, cela ne suffit pas; il faut que vous soyez cardinal. » A quoi M. l'archevêque ayant répondu qu'il ne méritait pas cet honneur et qu'il n'y pensait point, elle répliqua : « Monseigneur, cela vous est dû, et vous le serez sûrement ^. »

Que l'opinion publique désignât Christophe de Beaumont comme un des candidats probables à la pourpre romaine, c'est une rumeur persistante que les Mémoires de l'époque enregistrent à plusieurs reprises ^. Que déjà même, sous prétexte d'une retraite méritée par un laborieux épiseopat, mais surtout pour se débarrasser d'un contradicteur gênant, des hommes accrédités songeassent à lui offrir, avec le chapeau de cardinal, la riche abbaye de Saint-Germain des Prés et un duchépairie pour sa famille ; c'est là un fait des mieux établis et qui sera perpétuellement à l'honneur du grand archevêque.

On connaît, en effet, sa réponse fameuse au ministre

ce passage du duc do Luynes, écrit en date du i^r décembre 1751 : « Messieurs du Parlement oui cru trouver un fondement solide à leurs représentations, eu faisant faire un tableau de six années d'administration de l'hôpital partagé en trois époques ; et M. rarchevéque en a fait faire un de dix ans d'administration avant la sienne, par lequel il est prouvé, sur Tartiole des legs faits au dit hôpitiil. que lesdits legs, une année dans l'autre, n'ont pas monté à plus de 40,000 livres par an^ et dans les deux années de la dernière administration il y a un article seul de 100,000 livres léguées par feU M., de Lassay, sans compter encore 30,000 livres. "» {Mémoires^ t. XI, p. 307.)

1 Nouvelles de 1750, p. 106.

> Argenson, t. V, p. 4î)0; — t. VI, p. 134.

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