‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 178 sur 401 · SENTIMENTS DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

SENTIMENTS DE BEAUMONT

vertus morales ^ Mais n'était-il pas déjà reçu parmi les philosophes jansénistes, bientôt ligués avec les fils de Calvin, de jeter le discrédit, sinon le ridicule, sur toutes les intelligences qui ne daignaient pas se prêter à penser comme eux ? « A les entendre, dira Fréron dans une page vengeresse, il n'y a d'hommes de génie, d'hommes de goût, d'hommes savants, ni même d'honnêtes gens que parmi eux -. »

Christophe de Beaumont n'ignorait pas ce que la malignité ennemie lui décochait de traits injurieux. Il en'spuriait quelquefois, quand le hasard amenait la conversation sur ce terrain, mais il ne s'en plaignit jamais à personne, ne voulant même pas se laisser plaindre, pour rester fidèle à sa maxime : « Il ne faut pas plus parler du mal que l'on soufTre que du bien que l'on fait. »

Aussi sobre de nourriture que de sommeil, toujours levé longtemps avant l'aurore, il appliquait à tous les détails de sa vaste administration les ressources d'une intelligence distinguée, servie par un tempérament robuste. Vêtu l'hiver comme l'été, s' approchant rarement du feu, même par les plus gros froids, il travaillait sans relâche avec une activité qui désespéra plus d'une fois ses secrétaires. Jamais indisposition ne put l'empêcher de donner ses audiences, de vaquer aux affaires cou-

1 Lacretolle, qui ne se gêne point pour blâmer ce qu'il appelle les emportements (le zèle du vénérable prélat, se montre plus équitable que Saladiu dans cet aveu de lx)nne foi : « Son esprit était cultivé, son élocution facile et brillante. » {Hist. de France, t. III, p. 186.) — Nous avons vu plus haut le protestant Sismondi tenir le môme langage {Hist. des Français, t. XXIX, p. 24).

* Année littéraire de 1773, t. I, p. 5. — Toute la lettre, qui comprend bon nombre de pages , est à lire. C'est la fausse camaraderie flagellée de main de maître.

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