BEAUMONT A VERSAILLES
partie. L'honneur y est intéressé autant que la conscience, à moins que je ne vis {sic) pour moi le sort de Jonas ; s'il ne fallait que tout quitter pour qu'on fat en paix, je ne tiendrais pas un quart d'heure ^ »
L'archevêque avait conseillé à Mgr de la Motte de s'adresser directement au roi. Je lis dans une de ses lettres que l'évêque d'Amiens essaya de ce recours-, mais nous savons d'autre part que la démarche n'eut pas grand succès. Le prélat avait alors à se défendre d'une accusation portée contre lui au sujet d'un discours prononcé dans sa cathédrale le jour de la Fête- Dieu; l'extrait qu'il* en fit paraître, pour se justifier, fut supprimé par le Parlement ^,
Beaumont, plus heureux, entretenait avec le roi de fréquents rapports qui intriguaient singulièrement les familiers de Versailles : ils notaient avec soin, non seulement le nombre de visites, mais encore celui des minutes que durait le tête-à-tête *. Les adversaires de l'archevêque en devinrent plus circonspects, au point de donner lieu parfois à certaines interprétations malignes, sans parler de mainte aventure piquante comme scène de mœurs.
C'est ainsi, par exemple, que Beaumont s'étant rencontré un jour avec une députation du Parlement dans le grand cabinet qui s'ouvrait sur la chambre de la
^ Lettre à D. Léon, à la Trappe de Séez (Archiv. do Sainl-Acheul).
* « Je vous envoie les lettres que j'ai écrites au roy sous le secret, non pas que vous vous refusiez à la satisfaction de les lire à des amis, mais pour qu'on en {sic) fasse aucune copie. » (Lettre à D. Malacliie, 8 juillet 1752.)
' « Ou m'habillait chacun à sa fantaisie, écrit-il à D. Léon, j'ai été obligé de le faire imprimer. » {VExlrait remonte au 13 juin, la suppression est datée du 4 juillet).
♦Cf. Luynes (t. XII, pp. 131, 184, 202).