ÉTAT DE L*ÉGLISE DE FRANCE
intentions de Louis XV, comme aussi pour déplorer que la crainte de lui déplaire, « en éclatant, » énervât chez presque tous le sentiment des résistances légitimes. Ce n'est pas le courage, pensaient-ils, qui manque aux évêques pour lutter, ce sont les moyens mêmes d'engager efficacement la lutte. « Dites à un paralytique quMl faut avoir du courage quand on Tattaque ; ce courage ne peut être que la patience à souffrir, car comment se défendre f Nous n'avons ni protection ni soutien, et nous voyons que le public se tourne du côté de l'indifférence. On voudrait la paix à quelque prix que ce soit, et quelque paix que ce fût, voilà ce qu'on veut. Le zèle déplaît presque à tout le mondée »
Et les deux amis de s'encourager l'un l'autre au support des maux communs, par la raison que Dieu ne les a pas faits évêques « pour être à leur aise. » Mais ils s'affligent d'avoir à souffrir en pure perte, dans une situation où Dieu ne peut être glorifié comme ils le voudraient. « L'Église est persécutée en France d'une manière plus dangereuse qu'elle ne l'était sous les tyrans, parce que c'est insensiblement que la foi se perd sans que le peuple s'en aperçoive ; le culte extérieur demeure le même, rien ne change au dehors, mais tout ce qu'on voudra croire sur la grâce et autres choses pareilles, on le croira, parce que l'autorité du Pape et des évêques n'est comptée pour rien. Le Parlement réglera la religion ; l'administration des sacrements en dépendra : on chassera les bons prêtres, on ne nommera plus que des évêques tolérants^... »
\ Lettre du 5 mars 1753, loc, cit, * IbUL