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LES LANGES BÉNITS

au Roi des rois, et à joindre aux dons de la nature toutes

les vertus chrétiennes et surnaturelles ^ ! » En reconnaissance des sentiments exprimés à cette

occasion par l'archevêque de Paris, Louis XV offrit gracieusement à son église métropolitaine la splendide corbeille, renfermant les langes bénits, dont le Souverain Pontife avait fait présent naguère à la dauphine pour le baptême de son fils aîné, le duc de Bourgogne. Ce fut donc par son ordre que le comte de Saint- Florentin écrivit de Versailles, le 30 novembre, à M. de Fontanieu, intendant du garde-meuble de la Couronne : « Le Roy ayant bien voulu, Monsieur, accorder au chapitre de l'Église de Paris les langes qui lui ont été envoyés par le Pape pour Mgr le duc de Bourgogne, vous voudrez bien* s'il vous plaît, les faire remettre au chapitre de Notre-Dame, lorsqu'on se présentera pour les

recevoir^. »

^ Mandement du 14 septembre 1753.

* Registres eapitidaires de Notre-Dame (Archives nationales, LL, 335^^). — Je transcris ici, à titre de curiosité, la note qui fut délivrée, le 14 décembre 1753, à MM. de Montjoye et Gorberon, chanoines de l'Église de Paris et intendants de la fabrique.

« N** 320. — Les langes de Mgr le duc de Bourgogne, lesquels sont de broderie or et argent sur fond de toile d'argent, trait et bleu. Sçavoir :

« Une pièce faite en cœur composé de six lez dont deux de 6 pieds de long, deux de 4 pieds 10 pouces 1/2, et deux de 2 pieds 10 pouces;

« Une pièce quarrée longue de trois lez sur 5 pieds 10 pouces de long;

« Une pièce irrégulière de quatre lez et deux petites pointes, les quatre lez sur 5 pieds de long, et les deux pointes de 5 pouces de large chacune sur 21 pouces de long ;

« Une petite pièce composée de deux lez sur 3 pieds 5 pouces de long ;

« Quatre morceaux de carreaux d'un lez chacun de 18 pouces de large sur 2 pieds 1 0 pouces de long ;

« Et une bande de 3 aunes 1/8 de long de broderie d'or des deux cotez, ayant à un bout un petit tableau de broderie de soye, représentant le baptême de Notre- Seigneur. >

« N^ 459. — Deux langes de dessous de drap écarlateà large bordure de jDroderie d'or, à deux envers, et au milieu les armes de France entourées d'un

CRUSSOL A COKFLANS. 253

Sur la fin de la même aimée 1753, il y eut à Conflans, dans la maison de l'archevêque de Paris, une grande réunion de prélats dont nous aurons à dire prochainement l'objet.

Parmi eux se rencontra le plus ancien ami de Beaumont, François de Crussol, récemment transféré à l'archevêché de Toulouse ^ Ce fut un bonheur pour Crussol, qui avait besoin peut-être qu'on l'aiguillonnât dans le sens d'une action plus vigoureusement accusée. Aussi les jansénistes, qui s'étaient applaudis de ce qu'ils appelaient ses « dispositions pacifiques » durant les dernières années du séjour à Blois, firent-ils un crime à son illustre ami de les avoir brusquement tournées en hostilités ouvertes. On avait tant espéré du successeur de La Roche-Aymon, que ces espérances, à les en croire, auraient été justifiées sans peine, « s'il n'avait pris conseil que de lui-même ^. »

Mais ce n'étaient pas seulement les premiers actes de l'un qu'on se plaisait à mettre en regard des premiers actes de l'autre ; on imagina de comparer la harangue qu'il prononça en entrant à Toulouse, avec celle que l'archevêque de Paris adressait au Parlement le jour de sa réception en qualité de duc et pair. « C'est du Beaumont tout pur ! » disait la secte désappointée, quand elle entendit cette réponse de Crussol aux com-

double rang de branches de laurier, avec quatre L aux coins. Le tout de même broderie, longs de 4 pieds 1 pouce sur 3 pieds 3 pouces do large. » « Délivré du Garde-Meuble de la Couronne par ordre du roy. » (Cf. Délibération capitulaire du lundi 17 décembre 1753.) 1 C'est le 18 août 1753 que l'évéque de Blois fut appelé à remplacer Mgr de La Roche-Aymon, transféré de Toulouse à Narbonne. Toutefois, François de Crussol ne fut mis en possession de son nouveau siège que le 12 janvier ' Nouvelles ecclésiastiques de 1754, p. 177.

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