‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 215 sur 401 · LA MAIN MYSTÉRIEUSE · texte numérisé non relu

LA MAIN MYSTÉRIEUSE

ment, à soulever une controverse stérile au sujet de Bellarmin, d'autant qu'un danger plus immédiat allait éveiller les sollicitudes épiscopales.

Le marquis d'Argenson parle d'une main mystérieuse, d'une main souterraine y comme il dit, qui s'efforçait alors de soustraire le roi aux conseils des « ultramontains ^ » Elle y réussit à souhait. Aussi regardaiton déjà comme un symptôme grave cette simple parole de Louis XV à la reine, qui en avait presque pleuré : « Rien ne doit être si libre que la confession. » Pour qui se reporte aux préoccupations dominantes , c'était manifestement une pierre jetée, par- dessus le mur, dans le jardin de l'archevêque de Paris, ce champion obstiné du refus des sacrements.

On s'aperçut bientôt, à d'autres signes , que la cour se disposait à capituler sur les points essentiels, car ce n'était pas sans opposition et sans peine qu'avait passé au Conseil des dépêches l'avis de casser en masse les arrêts rendus par les divers parlements contre le clergé^. Formalités illusoires, d'ailleurs, qui ne remédiaient à rien, quand elles ne fournissaient pas matière à de nouvelles vexations.

Les évoques en éprouvaient tous quelque chose. « Priez pour la religion, écrit Mgr d'Amiens à une fille du Carmel, elle est dans un état bien violent. On peut dire que véritablement les pasteurs sont persécutés sans savoir comment cela finira, et cette persécution

1 n Quelle peut être cotte main ? Quelque chose peut-être du parti de la marquise. » (ArgensoD, t. VIII, p. 176.) — Alexandrine, fille de madame de Porapadour, étant morte dans les derniers jours de juin 1754, ce parti accusa les Jésuites, instruments de Beaumont, de l'avoir empoisonnée. {Ibid,, p. 308.)

* Cf. Revue de France (octobre 1876, p. 184).

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