‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 221 sur 401 · DÉMARCHE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

DÉMARCHE DE BEAUMONT

D'une part, les magistrats, tout en spéculant sur les bénéfices que leur assurait le dispositif àe la déclaration, s'irritaient des termes sévères du préambule^ et s'entêtaient à y voir une insulte gratuite aux prérogatives de leur compagnie. D'autre part, le clergé exprimait de justes plaintes, et la Faculté de théologie réclamait avant tout le droit de porter les jugements que sa conscience lui dicterait dans les matières où la foi se trouvait engagée.

Christophe de Beaumont, se faisant l'interprète d'un grand nombre de ses collègues, se rendit à Choisy, le 10 septembre, avec l'archevêque de Narbonne et les cardinaux de Soubise et de la Rochefoucauld, pour exposer au roi la situation déplorable qui leur était créée par une loi de silence dont les pires ennemis de la religion étaient seuls à tirer profit.

Louis XV, s'il faut en croire un chroniqueur anonyme, \ accueillit plus que froidement la députation du haut clergé *. « J'ai tout terminé, aurait-il répondu, je ne veux plus entendre parler de cette affaire ; soyez tranquilles, je veux être obéi. » Il se serait même retourné avec humeur du côté de Beaumont, en disant : « Et vous. Monsieur l'archevêque, soyez plus circonspect; c'est le meilleur conseil que je puisse vous donner 2. » — On connaît la réplique célèbre du prélat : « Ma conscience ne me permet aucun accommodement. »

Luynes se contente d'insinuer que les évêques remirent un mémoire au roi, qui leur promit de donner plus tard une réponse. Ce qui est certain, c'est que les meil-

1 « Le roi les rabroua d'importance, » au dire de d'Argenson, t. VIII, p. 354, ^ Archives nationales (K. 608, n© 68).

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