‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 222 sur 401 · MAUX DE L EGLISE DE FRANCE · texte numérisé non relu

MAUX DE L EGLISE DE FRANCE

leurs esprits ne cessaient de gémir en voyant l'autorité royale déserter son ancienne ligne de conduite — pleine sans doute d'indécision et de mollesse, mais qui respectait encore les droits de l'autorité religieuse — pour se faire, en quelque sorte, complice des équipées du Parlement.

« Nous sommes tous consternés de Tétat où se trouve l'Église de France, écrivait le saint évêque d'Amiens; vous devez redoubler vos prières pour nous obtenir le courage de la soutenir contre ses ennemis. Je crains plus la prévarication des ministres inférieurs que l'abattement des évêques, quoique, entre nous, il en est plusieurs d'entre eux qui voulant jouir de la paix se donneront peu de mouvement, ne s'embarrassant nullement de remédier aux maux, quand il pourra y avoir quelque chose à craindre pour eux ^ »

Beaumont, on le sait, n'appartenait point à la famille des trembleurs. Voltaire le dépeint quelque part comme « un homme opiniâtre, faisant le mal de tout son cœur par excès de zèle, un fou sérieux, un vrai saint dans le goût de Thomas de Gantorbéry ^. » Cette caricature, qui veut être méchante, ne laisse pas de donner une idée du portrait. Aussi bien l'occasion allait se présenter, presque aussitôt, de mettre en relief ce qu'il y avait d'intrépidité réelle dans l'âme du vaillant prélat.

Le Parlement, qui lui cherchait noise, se jugeant autorisé par la fameuse déclaration à faire le procès aux prêtres réfractaires, se hâta, dès le 26 novembre, d'in-

1 Lettre de Mgr de la Motte à Dom Léon, religieux de la Trappe de Séez. le 27 septembre 1754 {Archives de Saint- Acheul). 3 œuvres complètes (édit. de 1825), t. II, p. 99.

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