HIKMIEU EXIL BÊ BEAUMONT
une lettre de cachet qui exilait Christophe de Beaumont à sa maison de Gonflans, près Paris.
Expédiée par le comte d'Argenson, cette lettre, datée du 3 décembre, contenait simplement injonction de se rendre au lieu d'exil pour y demeurer jusqu'à nouvel ordre. Le roi, en la sigAant , avait ajouté de sa main cette sèche apostille : « Il partira ce soir ou demain mâtiné — Vous pouvez assurer Sa Majesté, répondit avec dignité le prélat au courrier du ministre, que je serai ce soir même à Gonflans vers onze heures. »
La réponse officielle que Louis XV transmit à Maupeou ne laissait aucun doute sur le déplaisir qu'il avait ressenti de se voir contrecarré dans sa politique de mezzO'termine et de bascule.
« J'ai marqué mon mécontentement à l'archevêque de Paris en le punissant de manière à faire connaître la ferme résolution où je suis de maintenir la paix dans mon royaume et l'exécution de ma dernière déclaration du 2 septembre dernier; ainsi, je compte que mon Parlement n'ira pas plus loin contre lui. Au surplus, le respect de mon Parlement pour mes volontés me répond qu'en procédant contre ceux qui ont contrevenu à ma déclaration ou qui oseraient y contrevenir dans la suite , il en usera avec la plus grande circonspection relativement aux choses spirituelles.
« Je vous charge de lui faire connaître mes intentions, et j'attends de son zèle, pour le véritable bien de mon État, qu'il s'y conformera. »
* Le genevois Sismondi ne peut se défendre, à ce sujet, d'une réflexion piquante : « Le Parlement, qui avait fait des remontrances contre les lettres de cachet, coucha sans scrupule sur ses registres celle qui châtiait le premier prélat du royaume. » {Histoire des Français, t. XXIX, p. 98.)