‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 223 sur 401 · LA DEMOISELLE LALLEMAND · texte numérisé non relu

LA DEMOISELLE LALLEMAND

strumenter de nouveau contre ceux qui, sous un prétexte do jansénisme, refusaient d'administrer les sacrements. C'était ressusciter la vieille querelle des billets de confession.

Sur ces entrefaites, Tabbé Meurizet, prêtre attaché à l'église Saint-Etienne du Mont, requis de porter le Viatique à une ancienne convulsionnaire \ se voyait décrété de prise de corps, pour avoir refusé de contrevenir aux ordonnances de l'archevêque. En l'absence du curé de la paroisse, les vicaires se couvrent de l'autorité du même nom et subissent la même peine. La magistrature en réfère alors au prélat qu'elle ose bien accuser de fomenter un schisme que le roi veut éteindre. Beaumont se contente de dire au secrétaire que la Cour lui a député : « L'affaire présente étant de même nature que celle du 13 décembre 17o2, je persiste dans la réponse que je fis à cette époque. Je n y puis rien changer. Aussi bien ne suis-je comptable qu'à Dieu du pouvoir qui m'a été confié. J'ajoute que les prêtres qui ont refusé les sacremenfs à la demoiselle Lallemand ont agi par mes ordres et suivi les lumières de leur conscience. »

Malheureusement, comme on l'a dit, cette réponse visait le roi autant que le Parlement. Celui-ci ne demandait qu'à sévir; mais, après de longs débats dans lesquels furent ouverts plusieurs avis violents , les magistrats convinrent d'envoyer à Versailles le premier président, chargé de dénoncer au monarque la désobéissance flagrante du prélat. Louis XV, flatté de cet acte de condescendance pour son autorité, répondit par

^ C'était une domoisellle LallemaDd, « fille de boutique, liugère, ù l'enseiguo des Rats, place Maubert. » (Barbier, t. VI, p. 83.)

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