COLERES QU*IL SOULEVE
En outre, désirant empêcher la profanation des sacrements et poui-voir à la libellé du saint ministère, nous défendons, sous pebie d'excommunication^ encourue par le seul fait : 4« à tout fidèle, de se pourvoir pardevant les juges séculiei-s pour se faire administrer les sacrements, et à tous ceux qui approchent des malades , de leur conseiller cette manière profane de les obtenir, ou de leur donner, en quelque façon que ce soit, aide et secours pour y réussir ; par «c moyen ; 2» à tout magistrat et juge séculier, de rendre aucun ': jugement ou sentence qui, soit expressément , soit équivalemment , ; porte injonction aux ministres de r%lise d'administrer les sacre- I ments, et à tout officier d'un tribunal laïque de faire ou de signifier aucuns actes qui tendent à les y contraindre.
Défendons de plus, sous la même peine, à tout curé, vicaire et prêtre séculier ou régulier, exempt et non exempt, dans toute l'étendue de notre diocèse, d'administrer les sacrements en vertu d'aucune signification, sommation, sentence, arrêt, jugement, ou de quelque acte que ce soit, émané du tribunal séculier. — Et sera notre présente, etc..
Tel est ce mandement fameux, d'une dignité calme et d'une force contenue, que Soulavie ne rougit pas, d'appeler « une production virulente » et « le plus fanatique » des mandements d'évêques*. Une fait d'ailleurs que traduire, par un mot insultant, les innombrables brochures et pamphlets dans lesquels, sous couleur de répliquer à Christophe de Beaumont, jansénistes et philosophes déversaient l'outrage sur sa personne, lui imputant à crime de s^être comparé à saint Basile, persécuté par l'empereur Valens^. On veut bien reconnaître qu'il n'est pas question de condamner le prélat « à tous égards »'; mais, après avoir rappelé ses refus
i Mémoires du maréchal de Richelieu^ t. VIII, p. 334. * Beaumont n'avait fait que répéter le mot célèbre : « Neque enim fartasse in episcopum incidisli. "»