SA FEUMEÏÉ DE LANGAGE
des pasteurs affligés, il venait chercher sa consolation auprès de son troupeau, avec d'autant plus de raison que les magistrats qui l'avaient flétri étant dignes de respect par l'autorité dont ils étaient investis, on pourrait penser qu'ils n'avaient pas excédé , à son égard, les bornes de cette autorité ; mais qu'il se croyait obligé de prémunir les fidèles contre cette erreur, en entrant* de nouveau dans l'exposé des preuves qui établissent les droits des deux puissances et font ressortir l'incompétence des tribunaux laïques en matière de sacrements. »
Jamais peut-être sa parole n'avait trouvé tant de force ni sa conviction tant de liberté et d'indépendance. « On m'exilera, s'écrie-t-il sous forme d'objection ; eh bien, si l'on m'exile, je n'irai pas, comme Quesnel, chercher un refuge en Hollande; car ce n'est que là qu'il a trouvé un asile, c'est de là qu'il a prétendu instruire et réformer l'Église. Où irai-je donc? J'irai me jeter aux pieds du Saint-Père, j'irai par tout pays catholique où la cause même de mon exil me fera recevoir comme défenseur des droits les plus sacrés ; mais, encore une fois, je n'irai pas en Hollande ^ »
Ce n'est pourtant pas faute de volonté, si le Parlement s'abstint de prononcer contre la Motte une peine de bannissement. Le roi s'y opposa d'une façon très nette et déc^gra qu'on ne toucherait en aucune sorte à son « saint évêque d'Amiens ». Celui-ci n'en fut que plus
1 Histoire de M. de la Motte, par l'abbé Dolgovc, p. 368. — < ie prêchai, non pas fort bien, mais bien fort, à un auditoire extraordinaire; j'eus la consolation d'être entendu, et, je puis vous le dire, d'être écouté avec plaisir. A Dieu seul en soit la gloire. > (Leltro du 13 décembre, à D. Malachie. — Arch. de Saint-Acheul.)
BBAUMONT, I. 22