‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 294 sur 401 · HAINES DE PARTI · texte numérisé non relu

HAINES DE PARTI

tant d'excès, et qui ne se repentent d'aucun; des hommes dont la folie connue de tout le monde semblerait devoir être le dernior terme de leurs progrès ; des hommes ennemis, par leurs propres vœux comme par principes, des lois et des maximes du royaume; des hommes qui portent dans le cœur un levain de haines irréconciliables contre toutes les augustes compagnies dépositaires de l'autorité royale ; enfin des hommes capables de bouleverser l'Église et l'État, et de tout sacrifier aux intérêts d'une Société qui est leur idole, on ne s'étonnera, disons-nous, jamais assez que de tels hommes soient encore supportés en France, et qu'on les y laisse jouir d'une impunité qui les enhardira toujours à de nouveaux forfaits*.

Et dire que, dans le but de nuire plus sûrement à leurs adversaires, les jansénistes en étaient réduits à fabriquer une Apologie du livre de Busembaum^ ! Mais ils ne trompaient plus (jue ceux qui voulaient être trompés, et Voltaire aura dit, dans cette affaire du régicide, le dernier mot de la vérité historique : « Je soulèverais la postérité en leur faveur Ges Jésuites) si je les accusais d'un crime dont l'Europe et Damiens les ont justifiés. Je n'é serais qu'un vil écho des jansénistes, si je parlais autrement^. »

Qu'on nous permette toutefois de clore ce triste sujet par un témoignage de haute valeur, auquel notre reconnaissance attache le plus grand prix. M. le comte de Ghampagny ne nous en voudra pas de lui dérober cette belle page, écrite avec sa foi de chrétien et son style de race :

1 Nouvelles de 1758, p. 5.

> Barbier (t. VII, p. 27).

' Lettre à Damilaville, du 3 mars 1763. — C'est de Voltaire aussi qu'est cet aveu accablant pour d'autres que les Jésuites : « Je puis dire qu'ayaint été autrefois à portée de connaître les convulsion naires, j'en ai vu plus de vingt capables d'une pareille horreur (le régicide), tant leur démence était atroce. » {Le Pyrrkonisme dans l'histoire, ch. xxxvi.)

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