‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 309 sur 401 · UNE LETTRE PASTORALE · texte numérisé non relu

UNE LETTRE PASTORALE

emprunter justement la même somme, que Beaumont ne voulut plus entendre parler de ce débauché.

Quoi qu'il en soit de cette aventure, et d'autres du même genre que nous aurons occasion de rappeler, on ne saura jamais à quel chiffre montèrent les libéralités que Tarchevêque, au temps de son exil, répandit sur cette classe particulière de nécessiteux. Nombre de filles de famille furent ainsi pourvues d'une dot qui leur permit d'entrer en religion ou de s'établir honnêtement dans le monde. Quant aux sommes d'argent considérables que le prélat déli\Ta maintes fois à titre de prêt , il s'était résigné d'avance à ne les voir jamais rentrer.

C'est dire qu'un prêt ne lui servira bientôt plus qu'à dissimuler un don. Mais n'anticipons pas sur les événements.

A peine installé à La Roque , l'archevêque de Paris avait tourné les regards vers la famille diocésaine dont il était le père. Il ne voulut pas différer davantage à lui envoyer une lettre pastorale qui trouve danô les circonstances une grande partie de son intérêt. Nous pouvons en citer le début et la fin :

« Le premier sentiment de notre cœur, en arrivant au terme de notre voyage, est de vous témoigner, mes chers frères, notre charité pastorale, et de vous demander le secours de vos prière's. La Providence permet que nous soyons très éloigné de vous; mais la distance des lieux n'empêchera pas que nous ne soyons présent en esprit parmi vous , et que vous ne soyez toujours l'objet de notre zèle et de notre tendresse. La sollicitude de cette grande Église, que le Prince des Pasteurs nous a confiée, nous accompagnera partout, chaque

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jour nous représenterons vos besoins au Seigneur, et nous ne cesserons de lui demander qu'il répande sur vous ses plus abondantes bénédictions.

« Rendu depuis quelques mois dans la capitale de ce vaste royaume , nous avions pris la résolution de travailler à connaître de plus en plus notre troupeau, de pourvoir à ses besoins spirituels, de le consoler par nos visites pastorales, de nous armer d'une nouvelle force pour défendre la cause de Dieu des attaques de la philosophie antichrétienne du siècle, et de vous prémunir plus que jamais contre les principes pernicieux que l'esprit d'irréligion s'efforce d'établir et d'inspirer, dans un nombre infini de mauvais livres qui paraissent chaque jour. Le Seigneur ne nous laisse pas la liberté et les moyens d'exécuter ces projets; mais nous remplirons toujours notre devoir essentiel en veillant sur votre salut, soit par nous-mème, autant qu'il est possible dans l'éloignement où nous sommes, soit par les sages conducteurs que nous avons nommés pour gouverner le diocèse sous nos ordres. »

Le fond de la lettre est^dans le simple développement de cette pensée du Prince des Apôtres : « Aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi^ » Beaumont conclut en ces termes :

« Pour nous, M. G. F., nous avons sans cesse à notre mémoire ce que saint Bernard disait au pape Eugène III : « Agnosce hœreditatem tuam in cruce Chrisii in laborïbus muliis, reconnaissez que votre héritage est dans la croix de Jésus-Christ et dans la multitude des travaux que vous soutenez pour sa gloire. »

1 Fraternitatem diligile, Deum limete, regem honorificate (I Pet. ii, 17).

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