‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 323 sur 401 · VIDES DANS L ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

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autre que Tun des quatre vicaires généraux auxquels Beaumont, en partant pour l'exil, avait laissé l'administration dû diocèse de Paris. La mort le frappa , cette année même, le lendemain du jour où il venait d'apposer sa signature au bas du mandement publié de concert avec ses collègues. Déjà Tun d'eux, Jacques de l'Écluse , était en fuite depuis le mois d'avril , sous le coup d'une assignation lancée par le Parlement, comme prévenu d'avoir refusé les sacrements à un fanatique de sa paroisse, précédemment interdit par l'archevêque. Sa vraie faute consistait à s'être montré très vif pour la cause du prélat exilé. On ne tardera pas à l'en punir par la confiscation de ses biens et le bannissement du royaume à perpétuité.

Restaient l'archidiacre Regnauld, que son grand âge inclinait vers la tombe, et l'ancien évêque de Québec, dont le déplorable état de santé compromettait le ser-

vice régulier des ordinations , pour lequel il avait été spécialement choisie De là un malaise inévitable pour le diocèse tout entier. Le saint ami de Beaumont, réduit à gémir d'une situation qui ne pouvait plus qu'empirer, écrivait à son confident :

« Votre lettre , mon très honoré et plus cher Père , me trouve dans le cours de mes visites. Le P. Segneri dit que chaque état à ses croix particulières; il compte les matines pour celle des chanoines et les visites pour celle des évêques. C'en est une, en effet, bien pesante à certains égards ; mais aujourd'hui celle de voir l'Eglise

1 Nicolas Regnauld mourut le 22 août 1761, à l'àgo de 79 ans. — Ce fut révêque de Dol, Jean-François Doudel, qui fit l'ordination du 20 mai à l'archevêché de Paris. Le jeune abbé de la Luzerne, plus tard évêque de Langres et cardinal, y reçut les ordres mineurs.

. APPEL A LEVÉQUE D AUTUN. 433

de France dans l'état affreux où elle est, semble absorber toutes les autres. Je ne sais en vérité où j'en suis... Tout tremble à la vue des persécutions ; il y a peu de prêtres qui ne soient disposés à prévariquer, si on les menace ; la religion est dans le plus grand péril : j'envie le sort des ermites ^ »

Ce fut sur ces entrefaites que la querelle des Hospitalières du faubourg Saint-Marceau prit un caractère d'aigreur de plus en plus prononcé. Les gens du roi leur ayant suggéré, comme nous l'avons dit, d'en appeler à la primatie de Lyon pour faire casser le monitoire t de l'archevêque de Paris, elles avaient adressé leur requête à Mgr de Tencin, et Bernis s'était chargé d'expédier toutes les pièces nécessaires. Mais Afforty, son envoyé, n'arrive que pour assister à l'agonie du cardinal, qui meurt après quelques jours. Les religieuses, sans donner au cadavre le temps de se refroidir, font aussitôt appel à l'évêque d'Autun, Montazet, administrateur-né de l'église de Lyon pendant la vacance du siège ^. Le 16 mars, Montazet lui-même était désigné par le roi pour prendre la succession de Tencin.

On a prétendu, à tort ou à raison, que Théritage de ce prélat ne lui avait été offert qu'à la condition de se prêter aux vues de la cour, en cassant comme primat les défenses portées contre les Hospitalières ^. Il

^ Lettre du 5 juin, à Dom Léon (Archives de Saint- Acheul).

' Ces droits do primatie sur les sièges épiscopaux et archiépiscopaux compris dans 'les quatre provinces lyonnaises de l'ancienne Gaule sont nettement établis dans la célèbre lettre de Montazet (édition de 1760, p. 14). Il en est de même des privilèges exceptionnels dont jouissait Tévéque d'Autun pendant la vacance du siège de Lyon (p. 35). — On trouvera la question résumée dans la Revue du Lyonnais (nouvelle série), t. XXVI, p. 161, 215.

' « M. de Montazet a été nommé par le roi à Tarchevéché de Lyon, et Ton dit ici que sa complaisance pour lever l'interdiction prononcée par son con-

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