‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 327 sur 401 · SON MÉMOIRE AU ROI · texte numérisé non relu

SON MÉMOIRE AU ROI

« C'est avec la plus grande peine que j'ai éloigné l'archevêque de Paris. Les plus fortes considérations m'y ont déterminé. Les vœux d'un Corps, qui est le premier de mon royaume, dont j'ai tant de fois éprouvé le zèle pour mon service , et que j'affectionne d'une manière particulière, me font souhaiter plus que jamais le retour de ce prélat dans son diocèse. J'ai pris les mesures les plus efficaces pour concilier le bien de l'Église et la tranquillité de ma capitale avec le désir sincère que j'ai de le rappeler ^ »

Les députés, en manifestant au cardinal « la plus vive reconnaissance de l'empressement et du zèle avec lesquels il avait rempli les vœux de l'assemblée et de tout le clergé de France », ne crurent point qu'il fût assez de l'inviter à continuer ses instances auprès du roi pour obtenir que l'effet ne suivît pas de trop loin les promesses; ils voulurent rédiger eux-mêmes un mémoire spécial qu'on présenta à Louis XV, au nom de l'assemblée entière. Ce document fait trop d'honneur à Christophe de Beaumont pour que nous ne le reproduisions pas intégralement :

« Sire

« L'Assemblée du clergé de votre royaume, pénétrée de la plus grande, confiance dans les bontés de Votre Majesté, dans son amour pour la Religion et pour ce qui est du bon ordre, lui a peint, dès sa première séance, la douleur qu'elle ressent de l'éloignement de Mgr l'Archevêque de Paris. Les témoignages de bienveillance et

1 Procès-verbal de l'Assemblée générale du clergé de France, p. 25.

iiO ijjOfiK Qi; ELLE FAIT DE BEALMONT.

de protection que contient la réponse dont il a plu â. Votre ilajesté dTionorer FAssemblée, lui inspirent de venir encore ne jeter à ses pieds, et de solliciter la bonté rie son coeur en faveur d'un Prélat qui est si digne d'en éprouver les effets. C'est le vœu unanime de toutes les provinces ecclésiastiques dont nous sommes députés, et il n'en est aucune qui ne nous ait chargés spécialement de Caire à Votre Majesté les plus vives instances pour que ce Prélat soit rendu à son diocèse et à ses fonctions.

€ Quel spectacle, en effet, pour toute l'Église de votre royaume, que de voir l'archevêque de votre capitale, l'archevêque de Votre Majesté, éloigné de son Église et de son troupeau ! Est-il possible qu'il ait eu le malheur de vous déplaire, ce Prélat, si recommandable par son zèle, par la pureté de ses mœurs et par l'assemblage des vertus qui le rendent si cher et si respectable à tout le Clergé de France if Appelé malgré lui, et par les ordres exprès de Votre Majesté, au gouvernement de ce vaste diocèse, il y a apporté les intentions les plus pures ot les plus droites. L'intérêt de la Religion et le soin d'être utile au troupeau qui lui est confié ont été l'objet do tous ses vœux. Honoré pendant tant d'années des bontés de Votre Majesté, et après avoir reçu tant de marques de sa confiance, il regarde aujourd'hui comme le comble dos malheurs d'avoir encouru sa disgrâce. Le zèle pour la Religion n'ayant jamais cessé d'être le motif de sa conduite, il n'a en vue que de soutenir l'autorité do l'Église, en faisant respecter ses décisions.

« L'Assemblée ose se flatter que Votre Majesté, rendant justice à la droiture de ses intentions, voudra bien le rappeler au gouvernement d'un diocèse qui languit

Page 1