‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 50 sur 401 · UNE ERBEUR DE COMPUT · texte numérisé non relu

UNE ERBEUR DE COMPUT

s'assemblait en séance extraordinaire pour assurer les dispositions du jubilé de 1734.

Cette convocation d'urgence était motivée par la polémique singulière qui venait de s'engager au sujet d'une erreur de calcul manifeste, fortuitement introduite à la table des fêtes mobiles dans certains calendriers de Paris et de Lyon. Que la méprise fût le fait du célèbre Gavanti, comme on l'en accuse, ou de tout autre, il est constant que la fête de Pâques s'y trouvait indiquée à tort pour le 16 avril 1734. Aussi, sous peine de « judaïser » en dépit du canon des conciles^, fallait-il se hâter de corriger une date qui anticipait faussement de huit jours les solennités pascales. La question, en outre, avait cet intérêt particulier pour les membres du chapitre lyonnais, que l'inexactitude du comput les eût condamnés à supprimer leur jubilé séculaire, en enlevant à celui-ci toute sa raison d'être ^.

L'erreur, je l'ai dit, semblait assez évidente pour que la discussion tournât court. On jugea cependant qu'il était opportun d'en référer à Rome, et la réponse du pape Clément XII ne laissa bientôt plus de place à la moindre objection. Ce bref, adressé le 23 décembre à Mgr de Rochebonne, déclare en substance « qu'il ne faut tenir aucun compte des tables qui se trouvent dans cer-

1 « ut Pascha Christi ipso celebretar die, quo Dominus et Servator Jesu3 Chrislus e morluis resurrexit. Is autem est feria prima, sive dies Dominicus, qui Judaicum Pascha scquitur... Quando Pascha Judaicum incidit in diem Dominicum, Pascha Christianum peragetur Domiaico proximosequenti... In iiiud itaquo Synodus consensit, et juxta hoc prîescriptus Paschalis celébrandi ordo semper procedit. » (Cf. Canonum Nicœnorum paraph. arabic , apud Lahhe, t. II, col. 69.)

' La question générale du jubilé venait d'être élucidée dans une lettre du P. de Montauzan, jésuite, en date du 18 mars 1733. On peut la consulter dans lei Mémoires de Trévoux (juillet 1733, p. 1187).

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