XII APPROBATIONS
La pureté de la doctrine, car Tévêque est docteur; et il ne lui est pas permis de ne pas l'être. — La fermeté de caractère, car il est le pasteur du troupeau contre les loups.
Or, il me semble que ces deux'qualités sont bien celles qu'on admire davantage dans Christophe de Beaumont.
Le jansénisme, au xvnie siècle, tout en ayant la prétention d'appartenir à l'Église, s'industriait de son mieux pour démolir sa divine constitution ; s'étayant de toutes les vieilles niaiseries gallicanes, il réservait son obéissance pour un futur concile qui n'arrivait jamais, et commençait par désobéir au pape qu'il avait toujours près de lui, mais qu'il ne voulait pas au-dessus de lui. Et quand le Souverain Pontife , naturel et infaillible interprète des traditions catholiques, autorisait et encourageait, dans l'Église, l'une de ces saintes pratiques et de ces pieuses dévotions qui sont l'aliment et le bonheur de la vie chrétienne, le jansénisme criait bien vite au scandale et à la nouveauté.
Or, ajoutons que ces erreurs jansénistes, trop à la mode en un certain monde, étendaient malheureusement au loin leur ravage, soit sur des âmes vraiment chrétiennes, soit sur un certain nombre de membres du clergé et de l'épi scopat.
Eh bien ! quand on lit avec vous, mon Révérend Père, l'histoire de Christophe de Beaumont, ce qui frappe d'abord en ce grand prélat, c'est sa fidélité ^ minutieuse à la plus saine et à la plus pure doctrine.
Il se sépare franchement des tendances malsaines de son siècle. 11 sait être profondément dévoué à la chaire apostolique. On sent qu'il aime l'Église, qu'il est soumis de cœur, non pas seulement à ses préceptes et à ses lois, mais à ses plus intimes désirs et à ses moindres aspirations. Il est en France l'un des premiers et plus fervents apôtres du Cœur adorable du Sauveur, et sa piété favorise grandement l'unanime élan des fidèles en l'honneur de l'Immaculée Conception de Marie.
Voilà ce que je nomme, en Christophe de Beaumont, un inviolable attachement à la plus pure doctrine.
Quant à sa fermeté de caractère, son siècle, à cet égard, lui a fait d'assez violents et d'assez unanimes reproches pour que nous ayons le droit de l'en féliciter hautement.
Son épiscopat tout entier n'est qu'une longue et glorieuse résistance aux empiétements sans nombre d'un gouvernement tracassier. Le roi est faible et le Parlement se sent le maître. L'archevêque doit subir les caprices que le Parlement impose au roi. On l'exile d'abord à Conflans, puis au fond du Périgôrd. L'archevêque s'éloigne, mais il ne cède pas ; et, en somme, c'est lui tout seul qui gouverne son diocèse comme il Teotend et comme il l'ordonne.
Autour de lui des clameurs de toute Sorte, articles de gazettes, libelles, estampes satiriques, chansons. C'est le siècle des chansons contre tout ce qui