‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 90 sur 401 · NOUVELLES DE FAMILLE · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE FAMILLE

temps, qu*Armand de Beaumont, son frère aîné, négociait l'acquisition de la seigneurie et justice de Sainte- Sabine en Périgord, y compris la terre de Montplaisir, située dans les paroisses de Castel et de Saint-Gyprien, relevant toutes les deux en hommage de l'évêché de Sarlat, comme dépendance partielle de La Roque- Meyrals ^

Il résolut, sur le premier moment, de disposer toutes

choses pour un nouveau voyage dans sa famille, où

X rappelaient à la fois divers motifs d'intérêt et de cœur.

Sans rien dire, en effet, des blessures graves de Louis et de l'impuissance à laquelle il était condamné, l'âge avancé et les infirmités de sa mère ne laissaient que trop pressentir sa fin prochaine. Du fond de la solitude religieuse où se consumait lentement cette vie pleine d'œuvres, madame de Beaumont semblait n'attendre elle-même qu'une dernière visite, une dernière bénédiction de son fils. Et que n' eût-elle pas donné pour que ce fils, cher entre tous, lui fermât les yeux !

Mais le devoir parlait plus haut que le sentiment. L'évêque de Bayonne, dont l'attention était éveillée depuis peu par certaines menées du parti janséniste, ne craignit pas dïmposer silence à son cœur, de surseoir du moins à ses projets d'absence pour déjouer une classe d'hommes qui , après avoir cherché à le cir-

d^infanterie de Crillon, » Pour comprendre la substitution de ce dernier nom à celui de Rohan, il faut savoir que, le 18 janvier 1745, Louis XV avait accepté la démission de M. le duc de Rohan et fait passer son régiment d'infanterie sur la tète de M. de Crillon, qui commandait jusque-là le régiment de Bretagne. {Mémoires de Luynes^ t. VI, p. 270.)

^ Le contrat fut signé, le 22 décembre 1743, dans le bourg de Saint-Martial. La vente, faite par Jacques de Galvinon^ enâeigne de vaisseau^ montait à 22,500 livres. {Histoire généalogique, loc. cit.)

00 UN AVOCAT JANSENISTE.

convenir, se flattaient peut-être encore de le prendre sans vert. Bien qu'il ne prétendit pas pousser à bout les novateurs, Christophe de Beaumont était déterminé à les empêcher absolument de propager leurs funestes doctrines. Aussi lui rend-on cette justice, qu'il montra la plus rare prudence à leur endroit, faisant usage, suivant les conjonctures , « tantôt d'une douceur exempte de faiblesse, tantôt d'une fermeté libre de toute passion. »

Un seul exemple, autour duquel les Nouvelles ecclésiastiques voulurent plus tard faire beaucoup de bruit S montrera ce qu'était cette force paisible , cette sérénité vaillante. Nous reproduisons, en l'abrégeant, le récit d'un historien déjà mentionné ^.

Sur la fin de 1743, un jeune avocat au parlement de Paris, nommé Joseph Dailenc, tombait dangereusement malade à Bayonne, où il s'était établi naguère par son mariage avec la fille d'un négociant , Josèphe Larrèche- Bergare. Né à Dax, d'une famille influente dans la contrée , mais dévouée corps et âme au jansénisme le plus haut en couleur. Dailenc avait sucé avec le lait une doctrine que sa mère et son frère aîné s'étaient entêtés à défendre jusque sur le lit de mort. Frappé à son tour, il réclame de la paroisse la faveur des derniers sacrements. Le vicaire chargé de les administrer en réfère au conseil épiscopai.

La situation est embarrassante pour Beaumont. D'un côté, les opinions religieuses de Dailenc sont connues de la ville entière, et l'on ne peut mollir sans qu'il

1 Cf. l'année 1748, p. 120.

■ Vie de M, Daguerre^ p. 207.

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