‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 91 sur 401 · SA MALADIE MORTELLE · texte numérisé non relu

SA MALADIE MORTELLE

en résulte un déplorable effet dans l'esprit des habitants ; d'autre part, il est permis de craindre les suites do l'irritation que va causer un refus, non seulement aux parents du malade et au clan des sectaires, mais encore à tout le corps des avocats, qui sont gens à prendre fait et cause pour leur confrère éconduit. L'évèque jugea qtfon devait user de toutes les ressources imaginables pour amener Dailenc à de meilleures dispositions, sauf, en cas d'échec, à exécuter sans faiblesse les ordonnances de ses prédécesseurs relatives aux jansénistes réfractaires.

Le vicaire fut député le premier pour essayer de recueillir, de la bouche du malade , un humble aveu qui permît de lui donner sans scandale les sacrements sollicités. La tentative échoua. Un des vicaires généraux, M. d'Artaguiette, ayant hasardé une démarche nouvelle, se retira sans plus de succès. Enfin, l'évèque de Bayonne voulant, s'il était possible, éviter un éclat, désireux surtout d'arracher le jeune avocat aux erreurs dont il est victime , se présente à Dailenc avec cette exquise politesse qui ne l'abandonna jamais, et lui adresse des paroles empreintes de la plus vive charité. Un refus opiniâtre fut l'unique réponse à ces délicates avances. Beaumont s'éloigna, la douleur dans l'âme : il ne lui restait plus qu'à remplir son devoir d'évèque.

Ordre est enjoint à la paroisse d'avoir à refuser les sacrements au moribond. L'émoi fut grand dans la famille et les entours. Le corps des avocats , sur lesquels la secte exerçait une véritable pression, envoie quelquesuns de ses membres à l'évèché, pour tenter de faire revenir le prélat sur la mesure qu'il a prise. On allègue « les lois françaises » qui se refusent à connaître d'un

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