CHARITÉ DU PRÉLAT
avec lequel Christophe de Beaumont se chargeait de défendre toujours la cause des délaissés et des petits. C'est lui, par exemple, qui revendiquera pour les indigents du curé de Beauvoir leur « droit de prendre dans les bois de la Charité le mort bois pour leur chaufâge, ensuite de la donation faite » par une chrétienne généreuse ^ C'est lui qui sera l'écho de leurs doléances, lorsqu'ils viendront se plaindre « de ce que cette maison ne fait pas des charitées sur les lieux aux pauvres, et ne les reçoit pas dans ladite maison de charité, quoy qu'elle y soit tenue par la même donation ^. »
Nous aurions voulu multiplier ici les témoignages et descendre dans le détail, mais il reste, aux archives de la ville si peu de pièces originales que l'on soit parvenu à sauver du double fléau des incendies et des révolutions ! On nous saura gré cependant de produire un document fort explicite, contemporain du grand archevêque, et dont le but était de réfuter, article par article, les imputations mensongères dont l'organe janséniste s'efforçait de le couvrir.
A peine fut-il arrivé à Vienne que ses éminentes qualités lui gagnèrent tous les cœurs. Sa réputation ne tarda pas à se répandre dans la province. On voyait des gens de la première considération accourir de toutes parts pour être eux-mêmes témoins des choses que la renommée publiait de ce Prélat. Il suffisait de le voir une fois pour lui donner toute sa confiance, et j'observerai en passant qu'elle ne pouvait être mieux placée : car M. de Beaumont est peut-être l'homme le plus discret qui soit au monde. II ne profitait de cette confiance que pour y répondre par des services, que pour réconci-
1 « La dame de Vésinier. » (Cf. délibération du 8 juillet 1746 ; reg. JE, 23, p. 20.) » Ihid,