‹ Christophe de BeaumontChapitre 102 sur 368 · MORT DE BELLEFONDS · texte numérisé non relu

MORT DE BELLEFONDS

lier les ennemis, que pour accommoder les procès ; Ja facilité avec laquelle il se prêtait à ces sortes de bonnes œuvres, si dignes de la charité d'un évêque, en le faisant regarder comme un ange de paix, lui donnait une occupation continuelle. Chacun voulait l'avoir pour arbitre, parce qu'on connaissait sa patience inaltérable dans la discussion des différents intérêts, sa pénétration, sa justesse d'esprit, la solidité de son jugement, la netteté de ses décisions, fruit d'une capacité peu commune dans les affaires. Il avait surtout l'art de manier les esprits, au point que les plus difficiles ne pouvaient lui échapper, et qu'il n'a peut-être échoué dans aucun des accommodements qu'il a entrepris. Vous auriez peine à croire le nombre de procès qu'il a terminés par la voie de la conciliation pendant les neuf ou dix mois qu'il a passés à Vienne. On y avait conçu, dès le commencement, une si haute idée de son mérite, que la voix publique présageait déjà son élévation future et qu'à peine avait-on le bonheur de le posséder que l'on craignit le malheur de le perdre ^

Le « malheur » que redoutaient les habitants de Vienne fut bientôt provoqué par la mort foudroyante de Mgr de Bellefonds, ce prélat que nous avons vu précéder Beaumont sur le siège de Bayonne et qui venait de succéder à Vintimille sur le siège de Paris. Le 20 juillet 1^46, quarante-huit jours après son installation, il était subitement emporté par une de ces maladies terribles que Tart médical était encore impuissant à conjurer. La veille, Marie-Thérèse, dauphine de France, avait mis au monde une princesse qu'on appela du nom de sa mère ; mais, le surlendemain, cette jeune mère succombait à son tour, laissant la famille royale dans le deuil et les larmes. Christophe de Beaumont ne fut pas moins affecté que surpris à la nouvelle de ces deux morts presque simultanées. On l'eût étonné bien davan-

ï Lettre à un ami de province sur un article des Nouvelles ecclésiastiques (Bibliolh. nationale, Ln», 1343).

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