‹ Christophe de BeaumontChapitre 103 sur 368 · BEAUMONT NOMME A PARIS · texte numérisé non relu

BEAUMONT NOMME A PARIS

En attendant, la faveur publique allait d'avance à divers personnages fort en vue. On parlait du saint évoque d'Amiens, Orléans de la Motte; on prononçait les noms des La Rochefoucauld et des La Roche-Aymon, archevêques de Bourges et de Toulouse; Luynes, de Bayeux, recueillait sa bonne part des sympathies générales, tandis que la faction suspecte continuait de se donner du mouvement pour entraîner la nomination de l'abbé d'Harcourt, candidat plusieurs fois désigné, toujours malheureux ^

Qui donc pensait alors à Christophe de Beaumont?

Archevêque de Vienne depuis quelques mois, il commençait à peine à se familiariser avec l'administration de cette province ecclésiastique importante, lorsqu'une ordonnance royale du 5 août 1746 le promut au siège vacant de Paris. Deux jours après, l'ancien évêque de Mirepoix, chargé de la feuille des bénéfices, mandait au doyen du chapitre de Notre-Dame :

Versailles, 7« aoust.

Il me fut impossible hyer, Monsieur, d'avoir l'honneur de vous écrire pour vous apprendre que le Roy avoit nommé la veille au soir M. l'archevêque de Vienne à l'archevêché de Paris. Vous vîtes ce jour là dans quel état j'estois, je n'escrivis en effet a personne et je ne me porte pas mieux encore à présent. Vous serez sûrement

1 Je n'ignore point qu'il a été dit que Louis Abraham d'Harcourt « eut toujours rhumilité de refuser l'épiscopat. » (Frawcc pontificale^ diocèse de Paris, t. II, p. 47.) Il est bon néanmoins, si l'on veut être éclairé sur l'esprit et les principes du chanoine-doyen, de remarquer, avec dom Guéranger, que c'est lui qui suggéra à Mgr de Vintimille l'idée de choisir, pour la composition du bréviaire de Paris, des hommes comme Vigier, Mésenguy et CofiQn. J'ajoute que, lorsqu'une réaction heureuse se prononça contre celte œuvre, Harcourt fut un de ceux qui opinèrent pour qu'on passât outre, sans se préoccuper des plaintes légitimes qui s'étaient élevées. (Cf. Instit. liturg., t. II, p. 302 et 348 ; — Ami de la Religion, t. XXVI, p. 290.)

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