PREMIERE MESSE PONTIFICALE
Le soir même, dans sa chapelle domestique, il recevait le pallium des mains d'un ami toujours cher. J'ai nommé François de Crussol, évêque de Blois.
Cependant les qualités aimables de notre prélat exerçaient un véritable charme sur les hommes de toute condition, qui avaient l'avantage de l'approcher. Dès qu'il fut mieux connu, bien des préjugés tombèrent. Aussi l'impression quil produisit sur le peuple de Paris lui fut-elle, après quelques jours, beaucoup plus favorable que ne l'aurait laissé soupçonner son entrée dans le monde de Versailles et de Fontainebleau.
La première fois qu'on le vit officier pontificalemènt à Notre-Dame, plus d'un propos flatteur circulait dans la foule sur le compte du « bel archevêque ^ » C'était pourtant un anniversaire de grand deuil qui réunissait, le 24 novembre, dans la vaste basilique, un nombre considérable de prélats, le Parlement, les diverses Cours, l'Université et le Corps de Ville. Mesdames, filles du roi, et la duchesse de Chartres «faisaient les honneurs, » car il s'agissait du service solennel pour le repos de l'âme de l'infortunée dauphine. Le Franc de Pompi-
s'élevèrent à près de cinq cenls livres, qui devaient être distribuées entre bénéficiers, machicots, enfants de chœur, francs sergents, etc.
1 JMgnore sur la foi de quel témoignage M. le vicomte d'Âvenel s'appuie pour nous dire que Beaumont était « plutôt laid que beau > et qu'il avait « pou de noblesse dans le visage. > {Les Evêques et Archevêques de PariSy t. II, p. 15.) Mais, outre que cette assertion est démentie par toutes les traditions de famille et les portraits qui nous restent du vénéré prélat, je la vois en contradiction formelle avec tout ce que je rencontre chez les divers historiens, amis ou adversaires. J'ai déjà cité Bandeau, qui veut que Beaumont n'ait dû le siège de Paris qu'à € sa figure et son dévouement aux Jésuites. > Je pourrais citer encore le prolestant Sismondi, déclarant que « l'esprit cultivé » de l'archevêque « et la beauté imposante de sa figure, joinie à l'austérité de ses mœurs et à l'abondance de ses aumônes, lui avaient gagné une haute considération. » {Histoire des Français^ t. XXIX, p. 24.)