‹ Christophe de BeaumontChapitre 131 sur 368 · RÉCLAMATIONS DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

RÉCLAMATIONS DES ÉVÊQUES

numéros entiers de sa feuille périodique contre le livre ennemi ^ Toutefois les vivacités mêmes de l'attaque risquaient d'échouer encore devant une sorte d'indifférence générale, lorsque diverses lettres épiscopales appelèrent l'attention des fidèles sur l'ouvrage incriminé.

Languet, archevêque de Sens, fut le premier à relever, avec une modération remarquable, les écarts du P. Pichon; Antoine de Brancas, archevêque d^Aix, fit à son tour des réserves analogues; une quinzaine de prélats, en désavouant le livre, affectèrent pareillement de se montrer pleins de mesure et d'équité pour la personne de l'auteur. Mais Caylus d'Auxerre, seul évêque appelant qu'il y eût alors dans l'Église, fulmina sans pitié, non seulement contre le jésuite et sa morale, mais contre tous les religieux ses confrères, leur société et leur doctrine ^. Quatre ou cinq autres, plus ou moins entachés de jansénisme, outrèrent comme lui les dMts de la critique et de la censure.

On s'étonnait du silence de Beaumont. On en jasait méchamment, sans craindre même d'insinuer qu'il était acheté par les Jésuites^. Les deux pièces que nous allons reproduire diront, au contraire, quelle sagesse et quelle

1 Nouvelles de 1747 (20 et 27 février, 6 mars).

* C'est le même Caylus qui, dans sa lettre du 17 décembre 1732, osait écrire que « les visions de Marie A-la-Coque sont remplies d'impiété et toujours extravagantes... qu'elles sont chimériques et plus qu'indécentes. » C'est encore lui qui prétendait que, pour communier, « ce n'est pas assez que le pénitent passe une année sans tomber dans aucun péché mortel, et qu'il faut qu'il n'y tombe jamais. » — On ne s'étonne pas, après cela, de l'audace de cette parole : « Il semble que l'enfant prodigue a été trop tôt reçu en grâce. » (Cf. Supplément aux Nouvelles ecclésiastiques, mardi 16 avril 1748, p. 61.)

' Sismondi n'est qu'un écho de ces rumeurs, lorsqu'il représente Beaumont « élevé chez les Sulpiciens, dans la dépendance des Jésuites^ et dans la haine pour les opinions jansénistes. » {Hist, des Français, t. XXVIII, p. 481.)

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