‹ Christophe de BeaumontChapitre 142 sur 368 · BEAUMONT LA RETABLIT · texte numérisé non relu

BEAUMONT LA RETABLIT

prises d'abord par les sectaires mitigés contre les sectaires intransigeants, mais que le parti entier dirigera bientôt de préférence contre les membres de la dbmpagnie de Jésus ^

Les Mémoires du temps nous apprennent, en effet, comment la cabale janséniste, qui avait obtenu l'interdiction des Jésuites dans le diocèse de Paris, réussit encore à faire renouveler par Noailles l'usage des billets de confession à la mort, sous prétexte que certains religieux interdits ne laissaient pas de secourir au dernier moment ceux qui les honoraient de leur coniSance-, « Les jansénistes doivent donc s'en prendre à euxmêmes, » conclut un peu rudement le chroniqueur Barbier ^.

La vérité est que l'usage des billets de confession remonte au moins jusqu'à saint Charles Borromée, qui le fit sanctionner par un des conciles tenus à Milan de 15C5 à 1582 ^ En rappelant cet usage au milieu du XVIII* siècle, Christophe de Beaumont ne faisait qu'adopter une coutume, non seulement établie dans son diocèse par le cardinal de Noailles lui-même, mais ratifiée encore par une assemblée générale du clergé de France, laquelle en recommandait la pratique à tous les curés du royaume. Or, il parut d'autant plus urgent d'aviser que nombre d'appelants, comme nous l'avons dit, en étaient venus à transporter dans les faits la théorie de l'abbé Travers, bizarre personnage, qui soutenait que « tout prêtre, non approuvé d'aucun évêque,

1 Cf. à la date de mars 1721, t. II, p. 64.

* Mémoires de Luynes^ t. IX, p. 455.

» Journal^ t. V, p. 190.

* Cf. Labbe et Cossart, t. XXIV.

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