PROCEDES DE BEAUMONT
soit pour ne point encourir les censures épiscopales, soit pour échapper aux rebuffades du moribond, s'il lui proposait un acte formel de soumission à la Bulle : celui-ci ji'en affirme pas moins qu'il s'est récemment adressé à un prêtre approuvé^ mais il ne veut à aucun prix livrer le nom de ce prêtre.
Bouettiu se retire. La famille proteste et court porter plainte au premier président du Parlement. Ce magistrat conseille d'en référer à Christophe d^ Beaumont, qui déclare que le curé génovéfain a simplement exécuté ses ordonnances.
On insiste, en lui représentant que le rituel de Paris ne parle point de certificat et laisse à la prudence sacerdotale de s'informer du malade s'il a été confessé ; qu'au surplus, une pareille précaution ne saurait regarder une personne coùime le sieur Coffin, lequel e^t en place depuis trente-sept ans et a mérité la confiance publique pour l'éducation de la jeunesse. L*archevêque ayant fait observer que la qualité des personnes entre pour peu de chose dans un litige où la question de principes est tout, on se rabat sur l'affirmation du malade qui déclarait avoir fait appel à un prêtre approuvé. — « Si cela est, reprend T archevêque, pourquoi le confesseur n'a-t-il pas donné le certificat ? »
Abordant alors le vrai point de la difficulté, Beaumont demande si Coffin serait éloigné de recevoir la bulle Unigmitus comme jugement de l'Église universelle en matière de doctrine ^ On lui répond que le malade
^ C'est vouloir déplacer les responsabilités que d'écrire ici avec Voltaire : « L'archevêque de Paris ne s'apercevait pas qu'en voulant forcer ses diocésains à respecter la Bulle, il les accoutumait à ne pas respecter les sacro^ menls. » {Histoire du Parlement de Pari», ch. lxv, p. 371.)