‹ Christophe de BeaumontChapitre 165 sur 368 · LETTRES DE CACHET · texte numérisé non relu

LETTRES DE CACHET

en désordre, malgré les représentations de Maupeou, les avertissant qu'ils allaient faire un tort considérable à eux-mêmes et au public. « Jamais, a dit Thistorien de cette crise, plus petite affaire ne causa une plus grande émotion dans les esprits. Le Parlement cessa ses fonctions, les avocats fermèrent leurs cabinets, le cours de la justice fut interrompu pour deux femmes d'un hôpital ^ »

C'était une révolution commencée. Le maréchal de Noailles put même hasarder ce mot fatal aux oreilles du roi, en plein conseil ^ : « Quel gouvernement , murmurait-on le soir dans Paris, que celui où il n'y a ni pain ni justice ! »

Il importait donc d'agir, et d'agir vigoureusement. Le 27 novembre, des mousquetaires sont^ommandés pour porter une lettre de cachet à chacun des conseillers, avec injonction expresse d'avoir à reprendre leurs fonctions sur l'heure même. Hâtons-nous de dire qu'après des hésitations, des atermoiements, des velléités de résistance à fond suivies de reculades, lés membres du Parlement finirent par se soumettre l'un après l'autre, suppliant toutefois Sa Majesté de « prendre en bonne part ce qu'ils étaient obligés de faire pour l'intérêt de son service et le bien de ses sujets. » Louis XV maintint sa déclaration première, et la jaix, — une paix fourrée. ! — parut acceptée des deux côtés à la fois.

De là ce bruit d'un compromis, par lequel les hôpi-

^ Histoire du Parlement de PariSy ch. lxv, p. 374.

* Cf. Argeuson, t. VIII, p. 41. — « Ces remontrances, écrivait alors de Londres un étranger bien connu, tendent à ce que nous appelons ici les principes de la Révolution. » (Cf. Lettres de lord Chesterpeld à Philii)pe Stanhope, t3 avril (vieux style) i75'2, édition Renée, t. II, p. 237.)

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