‹ Christophe de BeaumontChapitre 174 sur 368 · MANSUÉTUDE DE L* ARCHEVÊQUE · texte numérisé non relu

MANSUÉTUDE DE L* ARCHEVÊQUE

En vain l'archevêque demande grâce pour le coupable, le libraire et l'auteur sont jetés à la Bastille. Il eut grand'peine à les en faire sortir. Loin de se laisser toucher par cet acte de mansuétude, les ennemis de Beaumont redoublèrent d'impudeur, mais ces excès mêmes ne servirent qu'à mettre en relief la charité du grand prélat. C'est à Ferlet, son secrétaire, que nous devons d'en pouvoir reproduire ici un exemple mémorable.

Un jour qu'il donnait audience à l'ordinaire, Beaumont voit une pauvre femme se précipiter à ses pieds, implorant la liberté de son mari. C'était peu de temps après que les presses clandestines avaient lancé contre lui un ouvrage rempli d'imputations grossières, dans le goût des Sarcelades, L'auteur, recherché par la police, venait d'être, à l'insu de l'archevêque, enfermé luimême à la Bastille.

Instruit de la cause de cette détention méritée, le prélat écrit à M. d'Argenson, le priant d'ordonner l'élargissement du captif. Refus du ministre. Instances réitérées du prélat. Sorti enfin de prison, Thomme gracié se rend au palais épiscopal pour remercier son libérateur. — « Mon ami, lui dit Beaumont avec une expression de bonté ineffable, vous aurai -je fait quelque peine ou quelque tort, et avez-vous sujet d'en vouloir à celui qui vous parle ? — Non, Monseigneur, je n'avais pas l'honneur de vous connaître, et voici la première fois que j'ai l'honneur de vous voir. — Pourquoi donc ce libelle contre ma personne? — Ah ! Monseigneur, c'était pour vivre, car sans cela je mourais de faim. — Eh ! que ne

attribue le libelle à Duderé de Villars. Il est intitulé : Lettre à Mgr l'arche' vêqiiode ParU, du \d octobre (Amsterdam, 1752, in- 12, 5 p.).

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