L*EXPÉDIBNT DE NO AILLES
affaire , sinon pour taquiner le clergé avec les dénonciations toujours renaissantes au sujet du refus des sacrements, ce qui lui permettait de procéder, comme par le passé, contre Tarchevêque et les curés de Paris. D'autre part, les Enquêtes et les Requêtes boudaient à son endroit, la soupçonnant de vouloir profiter de la dispersion des membres pour représenter à elle seule le Parlement tout entier. La justice était suspendue de fait, et l'on se trouvait en plein gâchis. / Vivement désireux de couper court à pareil désordre,
Louis XV adressa, le 1"" août, uiie note confidentielle au maréchal de Noailles, en le priant de lui donner son avis sur diverses questions pratiques. La lettre du maréchal et ses réponses aux questions du roi sont curieuses à lire, mais elles nous ont paru bien peu décisives ^ Noailles passe trop à côté des principes, pour ne songer qu'aux expédients, sous ombre qu'il s'agit moins de rétablir l'ordre entre les magistrats et le clergé que de chercher à sortir de l'impasse où l'on s*était fourvoyé sans prévoir les suites.
Ce palliatif d'une loi de silence qu'il conseillait de faire religieusement observer de part et d'autre, afin de donner aux esprits le temps de s'asseoir, qu'était-ce en réalité, sinon la ressource impuissante provisoirement offerte à une âme sans énergie pour imposer sa volonté, à une âme qui déplorait le mal et n'avait pas la force d'appliquer le remède?
Les conséquences de tant d'indécision se faisaient
- On trouvera la note du roi et la lettre de Noailles, ainsi que les réponses annexées, dans la Correspondance de Louis XV (t. II, p. 328), publiée par M. Camille Rousset. Ces deux pièces sont datées du !«' et du 3 août 1753.