DÉCLARATION DU 2 SEPTEMBRE
de veiller sur les jours du jeune prince, et de répandre dans son âme les semences de toutes les vertus. Les fruits que produiront ces précieuses semences, c'est la postérité qui les recueillera, mais la charité chrétienne ne se borne pas au temps présent. Elle nous rend sensibles au bonheur des générations qui viendront après . nous, jusqu'au jour immortel où elle rassemblera, dans un même royaume et dans la même société, les justes et les saints de tous les siècles *. »
Fatigué des conflits précédents, et peu d'humeur à compromettre en semblables querelles ce qui lui restait d'autorité, Louis XV crut avoir partie gagnée que d'imposer un silence absolu aux défenseurs, aussi bien qu'aux adversaires de la bulle Unigenitus. De là, cette déclaration équivoque du 2 septembre 1754, dans laquelle il enjoignait au Parlement de tenir la main à ce qu'il ne fût « rien fait ou innové qui pût être contraire à ce silence et à la paix, » avec mandat de « procéder contre les contrevenants, conformément aux lois et aux ordonnances ^. »
Cet acte malencontreux eut le sort de tous les édits analogues qui, enveloppant dans une même proscription la doctrine de l'Église et Terreur contraire, n'arrivent qu'à favoriser celle-ci aux dépens de celle-là. Ce ne sera pas la dernière fois que les pouvoirs qui se succèdent dans notre pays, sous ombre de tenir la balance égale entre des partis rivaux, laisseront au mal toute facilité pour l'attaque, et disputeront au bien jusqu'à la simple liberté de la défense. Aussi la déclaration du
i Mandement du 26 août 1754.
* On trouvera cette déclaration in extenso dans Luynea (t. XIII, p. 340).