‹ Christophe de BeaumontChapitre 196 sur 368 · RIGUEURS DE LA MAGISTRATURE · texte numérisé non relu

RIGUEURS DE LA MAGISTRATURE

2 septembre fut-elle immédiatement enfreinte par les éloges mêmes des jansénistes, lesquels se hâtèrent d'entasser volumes sur volumes et libelles sur libelles, uniquement pour prouver qu'il fallait se taire *.

De son côté, le Parlement de Paris, qui fermait les yeux sur la distribution scandaleuse de la gazette du parti, affectait de réserver toutes ses rigueurs pour les évoques et les prêtres plus empressés d'obéir à leur devoir qu'à ses arrêts. Ce fut dès lors ime véritable orgie de sommations et de sentences, d'emprisonnements et de saisies, d'amendes et de bannissements ^,

L'acte royal avait pourtant réglé que toute poursuite ou procédure, que tout jugement même définitif, rendu par contumace à F occasion des derniers troubles, devait demeurer sans suite; mais, à ces exilés récalcitrants, une rentrée en grâce ne suffisait pas, il fallait une vengeance. En daignant accepter la paix, le Parlement faisait fi des conditions auxquelles elle était offerte, voulant rester seul juge de sa compétence en matière ecclésiastique, et ne permettant au souverain « ni dé la définir ni de la restreindre. » On vit le moment où l'œuvre si laborieuse de la pacification s'écroulait avant d'être achevée ^.

Le roi, en effet, jaloux de satisfaire tout le monde pour s'épargner à lui-même un embarras, avait réussi, comme toujours, à ne contenter personne : il s'aliénait chacun des adversaires, sans les rapprocher entre eux.

1 « Si les lettres dont il s'agit rompent le silence, écrivait le gazetier de la secte, ce n'est bien réellement que pour défendre la loi même du silence. » (Nouvelles ecclésiastiqties de 1757, p. 72.)

* Cf. Mémoires de Picotj t. III, p. 260, sqq.

*Cf. Les articles publiés sur les Grandes Remontrances, par M. Alp. Paillard, dans la Revtte de France, t. XX, p. 188.

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