PÈLERINAGES A CONFLANS
séjour forcé de l'archevêque de Paris ^ Les curés de la capitale, les supérieurs des diverses communautés, nombre de prélats, des gens de cour et des personnes de tout rang, s'empressaient à venir lui présenter l'hommage de leur condoléance et de leur respect. C'était une manière de pèlerinage qui paraissait également tourner à la protestation.
On lira avec intérêt le commentaire qui fut fait alors, en l'honneur du courageux pontife , sur cette parole de l'évangile du temps : Quid existis videre ?
Qa'êtes-vous allés voir? Est-ce un faible roseau Flexibje à tous les vents d'un orage nouveau ? C'est un chêne puissant dont la superbe tête S'élève jusqu'aux cieux et brave la tempête ; Un rocher au milieu de la nier, isolé , Battu de mille flots, sans en être ébranlé ; Un pontife, un pasteur, dont la noble constance De lui ravir ses droits fait perdre l'espérance. Malgré lui, de la barque il prend le gouvernail. Tout le fit admirer : vertu, zèle, travail. Faut-il que des enfants, oubliant qu'il est père , Contre lui de son prince excitent la colère !
* Cette maison de Conflans avait appartenu au sire de Villeroy, secrélaire d'Élat. Elle devint successivement la propriété du président Verdun, du président Le Jay, do madame de Senecey, dame d'honneur de la reine et du duc de Richelieu. C'est de lui que l'archevêque de Paris (Harlay) l'acquit en tG95, avec les deniers provenant de l'indemnité de la vente du terrain du Louvre. Il y mourut le 6 août de la même année. Les jardins de cette maison de plaisance avaient été dessinés par L»e Nôtre, qui divisa la partie inférieure en parterres, en allées et en bosquets. Au-dessus s'étendaient trois longues terrasses dont la plus élevée était surmontée d'une balustrade. «M. de Beaumont, qui occupe aujourd'hui le siège de Paris, a beaucoup augmenté les agréments et l'utilité de cet enclos, en faisant renouveler les potagers; il les a rendus plus vasies, et les terrasses en ont été reconstruites en pierres détaille. Les espaliers sont en très bon rapport et dans l'exposition la plus favorable. » {Nouvelles recherches sur la France, 1766, t. I, p. 221.)