‹ Christophe de BeaumontChapitre 206 sur 368 · UNE MESURE ADMINISTRATIVE · texte numérisé non relu

UNE MESURE ADMINISTRATIVE

touchantes et il y eut bien des relâches à l'étiquette, comme le font entendre les pièces manuscrites d'où nous extrayons ces quçjlques détails.

Toutefois, les ennemis jurés de l'archevêque menèrent grand bruit, à ce moment-là, d'une mesure administrative dont le seul tort est d'avoir relevé fort prestement une inconvenance de premier ordre.

C'était le jour où le noble exilé ayant réclamé qu'on informât contre les faits et gestes du janséniste Cerveau, Faraman de la Groze, vice-gérant de son ofïicialité, non seulement répondit par un refus à la demande du prélat, mais se permit encore de critiquer ce qu'il appelait « sa conduite contumace vis-à-vis du roi et du Parlement, » attendu que « Dieu voulait la paix dans son Église et que le roi était le maître. »

L'archevêque donna simplement commission de dire à Faraman qu'il serait opportun de renvoyer luimême ses lettres de grand- vicaire. Faraman comprit et s'exécuta ^

Quelques jours après, le 31 décembre, le chapitre tout entier se rendait de nouveau à Gontlans, pour souhaiter au prélat une année plus heureuse que celle qui s'achevait en de telles traverses : felicem annum ineuntem appi^ecandi causa, disent les Actes ^. C'est dans cette seconde entrevue que fut désigné, selon l'usage.

^ C'est ce môme Faraman de la Croze on faveur de qui nous avons vu Mgr de Beaumont se démettre de son abbaye de Notre-Dame de Vertus. La gazette janséniste dit, à propos de l'information demandée par l'archevêque : « L'official, M. Regnault, s'en étant excusé sur ce qu'il était trop vieux, M. de Faraman s'en défendit, parce qu'il était trop équitable. > (Nouvelles de 1755, p. 141.) — On voit ce qu'il faut entendre par équité sous une plume de sectaire.

^Registres capitulaires. Délibération du 30 décembre 1754 {lac. cit.).

LETTRE DE l'ARCHEVÊQUE d'AUCH. 283

le prédicateur du prochain carême de Notre-Dame. Le choix tomba sur le P. Sensaric, de l'ordre de Saint-Benoît (Saint-Maur) : un jésuite, le P. Dumas, fut réservé pour la station de 1756.

« Je daterai le mandement du lieu de mon exil, » avait dit Beaumont à ceux de ses prêtres qui lui exprimaient à la fois des espérances et des désirs. Il ne se trompait pas.

La magistrature, en effet, ne désarmait guère. Une lettre que l'archevêque d'Auch (Montillet) adressait au roi, le 37 janvier 1755, eut, plus que tout le reste, le don de l'exaspérer outre mesure. Contresignée par les dix suffragants du métropolitain ^ , cette protestation vigoureuse ne laissait debout aucun des arguments qui servaient de base aux entreprises dirigées contre l'autorité ,ecclésiastique.

Montillet s" élevait, en particulier, contre l'interprétation que les ennemis de l'Église donnaient à Tédit du 2 septembre et contre la manière dont cet édit était exécuté par les tribunaux. Mais ce qu'on ne pardonna point aux prélats signataires, ce fut surtout d'avoir mêlé à leurs revendications l'éloge de Christophe de Beaumont. « On met tout en œuvré pour surprendre la religion du Roi et rendre haïssables à ses yeux de saints évêques, parce qu'ils ont rempli leur ministère avec la plus exacte et la plus indispensable fidélité. La disgrâce de M. l'archevêque de Paris, autrefois par la douceur de son caractère les délices de

1 C'étaient les évêques de Dax (Suarès d'Aulan), de Lectoure (Narbonne- Pelel), de Gomminges (Lastic), de Gouserans (Marnays de Vercel), d'Aire (Sarrel de Gaujac), de Bazas (Saint-Sauveur), de Tarbes (La Romagère) , d'Oleron (Revol), de Lescar (Maison-noble) et de Rayonne (Guillaume d'Arche).

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