ÉMOTION POPULAIRE
étreint par la Discorde et l'Envie, tombe foudroyé à leurs genoux... Et nous supprimons des détails par trop irréligieux. « Tout cela est assez indécent », remarque Barbier.
« La haine du Faiblement contre le clergé est au comble, mandait alors l'évêque d'Amiens; elle s'enracine tous les jours K » On s'en aperçut vite dans Paris où certaines injures menaçantes atteignirent, en pleine rue, les membres du clergé et spécialement les ciirés des paroisses, accusés de s'en aller tenir, à Conflans, des conciliabules suspects avec Christophe de Beaumont. « Le peuple est échauffé contre les prêtres, écrit Argenson, et ceux qui paraissent dans les rues en habit long ont à craindre pour leur vie, La plupart se cachent et paraissent peu. On n'ose plus parler aujourd'hui pour la Constitution et pour le clergé dans les bonnes compagnies ; on est honni et regardé comme des familiers de l'inquisition -. »
Toute exagération à part, l'émotion fut assez grande jusque dans la classe populaire, pour que Louis XV manifestât le plus vif mécontentement d'un éclat aussi fâcheux. Sur son ordre, un arrêt du Conseil casse celui du Parlement, et proclame à nouveau la Bulle « loi de l'Église et de l'État ».
Vaine mesure, à la fois incomplète et tardive. Les évêques ne furent qu'à demi satisfaits , et les magistrats n'en marchèrent pas moins en avant, sans se préoccuper des suites, éésireux peut-être de les provoquer. C'est ainsi qu'ils ne craignirent pas de se faire
l Lellre du 15 mars à Dom Malachie (Archives de Saint-Acheul). • Mémoires, t. VIII, p. 453.