‹ Christophe de BeaumontChapitre 217 sur 368 · ENCOURAGEMENTS DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

ENCOURAGEMENTS DE BEAUMONT

la moindre bonté, si ce n'est celle de nous supporter.

« Tout cela crève le cœur et ne peut qu'inspirer le goût de la retraite. Peut-être même qu'après avoir tout tenté inutilement, la prière et la pénitence sont des ressources qu'il nous laisse, mais que peu veulent mettre en œuvre ^ »

C'est à Christophe de Beaumont que nous devons, en grande partie, d'avoir conservé jusqu'au bout le vaillant évêque d'Amiens à son poste de lutteur. Nul ne réussit mieux à détruire les arguments par lesquels le saint vieillard, résolu d'ailleurs à ne contrarier en rien la volonté de Dieu, s'efforçait d'appuyer son projet de retraite. Il parvint tout d'abord à l'ébranler dans sa résolution, comme on le voit par cet autre fragment de la lettre confidentielle : « Je n'entre pas ici dans le détail de mes raisons, parce que je ne sais pas encore positivement si Dieu dans sa colère me veut évêque, ou si dans sa miséricorde il me permet de ne l'être plus. Je suis disposé à tout , comme on l'est à vivre ou à mourir. »

Beaumont, lui, était surtout disposé à combattre, non par attrait certes, mais par devoir. Aussi les jouteurs qui avaient leurs raisons pour redouter ses coups, s'employaient-ils de toute leur industrie à l'écarter honnêtement du champ de bataille.

Ils crurent triompher en faisant miroiter de nouveau devant ses yeux les reflets de la pourpre romaine, et déjà on affirmait de bonne source qu'il ne tenait qu'à lui de coiffer le chapeau de cardinal, s'il consentait seulement à résigner son archevêché que le roi destinait

((j Archives de Saint- Acheul.

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