‹ Christophe de BeaumontChapitre 219 sur 368 · CHOISEUL ET LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

CHOISEUL ET LES JÉSUITES

Benoît XIV à l'épiscopat français, pour s'en aller répétant sur les toits que le pape désapprouvait la conduite de rarchevêque et des Jésuites. Car il fallait mêler les Jésuites à tout.

La modération de l'encyclique put, en effet, au premier moment et chez quelques esprits, faire illusion sur sa véritable portée. Si le pape ne donnait pas satisfaction sur tous les points aux réclamations de la minorité intransigeante^ comme on dirait de nos jours, il s'expliquait catégoriquement sur la substance même des choses qui avaient réuni l'unanimité des évèques.

Beaumont n'ignorait pas que le duc de Ghoiseul (alors comte de Stainville), notre ambassadeur auprès du pape depuis 1753, avait été chargé par le roi de peser sur la cour de Rome, pour que la lettre encyclique ne ménageât pas moins le respect des libertés de l'Église gallicane que l'honneur de la Constitution. C'est là ce qui le tenait en défiance ^ Quant aux Jésuites, ses prétendus inspirateurs, on a voulu voir dans cette afïaire l'origine de tous leurs démêlés avec Choiseul. Nous laissons la parole à un homme qui ne s'est jamais piqué d'être au nombre de leurs amis.

Les Jésuites n'avaient pu voir d'un œil tranquille une négociation qui, en prévenant les abus occasionnés par la Constitution Unigenitus, leur ferait perdre le fruit de quarante ans de travaux. Ils n'avaient aucun accès auprès de Benoît XIV, qui ne les aimait pas ; ils n'en avaient aucun auprès des cardinaux, qui pouvaient le plus influer dans la décision du Pape. L'ambassadeur de France

1 De là, à conclure comme Sismondi, que Beaumont accusait de jansénisme le pape, <c ou du moins son ministre, le cardinal Passionei, » il y a loin. Aussi bien l'historien protestant n'est-il ici que l'écho d'un chroniqueur suspect, Soulavie.

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