‹ Christophe de BeaumontChapitre 240 sur 368 · L EVEQUE DE SAINT-PONS · texte numérisé non relu

L EVEQUE DE SAINT-PONS

ils vont au feu en braves capitaines. » La déception qu'en éprouve le parti tout entier éclate dans ces lignes de la même feuille :

N'est-il pas étonnant que MM. de Paris, d'Orléans et de Troyes datent leurs mandements du lieu où ils ne sont relégués que pour les mômes excès dont ils prennent si chaudement la défense * ? N'est-il pas plus étonnant encore que cette ligue épiscopale ait été formée à Conflans, où M. l'Archevêque s'est permis depuis deux ans toute liberté d'assembler des évêques et des jésuites, et d'y cabaler avec eux, malgré le mécontentement déclaré que Sa Majesté a témoigné sur les mauvais conseils qui environnaient ce prélat ^ ?

Parmi ces lettres pastorales, il en est trois qui eurent un retentissement particulier, à raison même des circonstances au milieu desquelles elles se produisirent. Cet incident se trouve trop étroitement lié à l'histoire de l'archevêque de Paris, pour que nous négligions de le signaler en passant.

Alexandre de Guenet, qui occupait alors depuis près de trente ans le siège de Saint-Pons-de-Tomières , n'en était pas à son premier démêlé avec la justice, quand il fit cause commune avec Beaumont . N'avait>il pas , lui aussi, toujours montré le plus grand zèle pour s'opposer à l'immixtion de l'autorité séculière dans les affaires de l'Église? Son mandement ne pouvait donc manquer d'être condamné au feu, par sentence du Châtelet.

Lui-même, assailli de maints pamphlets non moins violents que ceux qui s'attaquaient à l'archevêque de

i C'est en ofTet de l'abbaye de Murbach (Alsace), où il était interné, que l'évéque de Troyes date son mandement. Quant à Tévéque d'Orléans, il avait publié le sien au prône même de la messe paroissiale, à Meung-sur-Loire, son lieu d'exil.

" Nouvelles de 1756, p. 209-211.

Page 1