‹ Christophe de BeaumontChapitre 239 sur 368 · UNE SÉRIE DE MANDEMENTS · texte numérisé non relu

UNE SÉRIE DE MANDEMENTS

Deux archevêques et sept évêques ont adhéré sur un carré de papier en douze lignes. Cela ne me paraît ni digne ni épiscopal. Ce n'est pas ainsi que les grands évêques parlaient dans l'ancien temps : ils s'expliquaient eux-mêmes par des mandements ou des instructions, et comme autant de dépositaires de la science de Dieu. Un évêque particulier ne leur faisait point leur thème : ils donnaient par eux-mêmes l'action et le mouvement au zèle qui les animait, et ne se réduisaient pas au rôle d'encenseurs de livres qui donnent une approbation pour garantie d'un ouvrage. Les actes sous seing-privé valent rarement en justice ; ils valent encore moins de la part des juges et des dépositaires de la foi. Quand ils ont à la défendre, ils doivent parler publiquement et avec toute la décence, toute la dignité qu'exigent la sublimité de leur ministère et le caractère auguste de légats de Dieu, pour annoncer ses volontés sur la terre*. »

Luynes enregistrait cette lettre à la date du 25 octobre. Quatre jours sont à peine écoulés, que déjà s'ouvre le feu de file des mandements épiscopaux sur lesquels, en haine de Beaumont, va s'exercer toute la sévérité du Châtelet. Ceux qui raillaient tout à l'heure les évêques d'avoir mis une sourdine honteuse à leurs revendications seront les premiers à se gendarmer contre la liberté dont Tépiscopat use largement pour se défendre^. « Ils ne tergiversent point, avoue le journal sectaire.

• Extraordinaire d*octobre 1756, t. XV, p. 343.

* Les mandements des évêques de Saint-Paul-Trois-Châteaux et de Sainl- Pons ont environ 10 pages de texte in-4o ; les autres varient de 4 à 5 pages du même format. C'est une réponse indirecte, mais topique, au « carré de papier en douze lignes, » dont se scandalisait le correspondant du duc de Luvnes.

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