LEÇONS DE LA MÈBE
Restée veuve à son tour près de trois orphelins, la vigilante mère eut du moins la consolation de reconn^tre que les semences qu'elle avait déposées ne s'égaraient point sur un sol ingrat. Aussi n'est-ce pas en vain qu'elle aura courageusement poursuivi sa tâche d'institutrice, multipliant autour d'elle les bonnes œuvres ignorées et les «xemples silencieux. Femme de conscience et d'ordre, partageant comme autrefois ses heures entre les obligations de la piété et les sollicitudes des affaires domestiques, madame de Beaumont s'était engagée, depuis la mort de son époux, à veiller de plus près encore sur l'éducation morale de sa petite famille.
Elle y réussit. Deux choses surtout lui tenaient au (ur et pénétraient chacune de ses leçons : l'amour Dieu et l'amour des pauvres, la prière et la charité. . même temps qu'elle enseignait à considérer l'une nme un devoir, elle se plaisait à faire estimer l'autre Time une récompense. Une \'isite, en compagnie de ir mère, chez quelques pauvres nécessiteux de la (itrée, c'était, aux yeux des enfants, du bonheur pour is d'un jour!
L'aimable Christophe, en particulier, semblait n'avoir plaisir qu'à faire un heureux; nul ne se chargeait ]s volontiers de la distribution régubère des aumôs, et c'était mettre son cœur en pénitence que de le vret de ce mérite et de cette joie. Faut-il nous étonr que le doux enfant, chez qui les délicatesses naïves l'âge s'associaient fort bien à la précoce fermeté du ractère, ait su pratiquer la charité avant même de voir qu'elle est une vertu ?
On affirme que ce religieux penchant de son âme