DEUILS DE FAMILLE
Louis de Lostanges, marquis de Sairite-Alvère, venait de périr à l'improviste en traversant les eaux de la Dordogne^ Sa sœur, qui l'aimait avec tendresse, parut fort affligée de cette perte ; mais voici qu'un deuil plus cruel va l'atteindre, elle et ses enfants, au moment où ceux-ci seront d^âge à sentir un peu l'amertume d'une telle épreuve.
Vers la fin d'avril 1710, M. de Beaumonfc, leur père, succombait à une maladie rapide, entouré de sa famille en pleurs et ne réclamant de ceux qui l'aimaient que des funérailles « sans grand faste » et beaucoup de prières^. Quelques jours avant sa mort, le 18 du même mois, il avait confié le pli qui renfermait ses dernières volontés aux mains du notaire royal, en présence de François de Marsis, curé de Saint- Aubin ^ et de M" Antoine Vidal, conseiller au siège de Gourdon. Cette pièce olographe, que nous avons sous les yeux, est datée du 20 avril 1704, « au château noble du Repaire-Laval. » Le testateur, dont la première disposition avait été de léguer « aux pauvres habitants de Meyrals et de Castel la somme de mille livres, » priait d'une manière touchante sa « très chère espouze » de faire élever ses enfants « dans la crainte de Dieu et selon leur qualité. » n put mourir en paix, avec l'assurance que ses désirs, déjà prévenus, seraient fidèlement remplis.
1 L^accident eut lieu au mois de décembre 1705. Louis de Lostanges avait été blessé en plusieurs combats, notamment à Senef (1674), où il perdit un œil (Cf. Mercure de France^ mai 1756, p. 259).
' Je trouve les mêmes expressions do simplicité chrétienne dans le testament de sa mère, Louise de Baynac, décédée le 23 janvier 1679. «Veux mes honneurs funèbres estre faites (sic) sans grand faste, mais beaucoup do prières. »
* Il s'agit de la paroisse de Saint-Aubin de Nabirat (canton de Domme, arrondissement de Sarlat), dans laquelle était enfermé le château du Repaire.