‹ Christophe de BeaumontChapitre 256 sur 368 · AIUIÊT DE LA COUR · texte numérisé non relu

AIUIÊT DE LA COUR

La Cour, usant d'indulgence envei-s le frère Berruyer, attendu Tétat d'infirmité où il se trouve, donne acte au Procureur général du Roi de la déclaration faite par ledit frère Berruyer ; ordonne que ladite déclaration demeuiera déposée au greffe de la Cour ; enjoint au Provincial et autres Supérieurs des maisons des Jésuites d'être plus circonspects dans les approbations et permissions qu'ils pourront donner pour les livres et ouvrages composés par les membres de leur Société. Ordonne que le présent arrêt sera signifié aux Provincial et Supérieurs des trois maisons de Paris. Fait en Parlement, toutes les Chambres assemblées, le treize avril mil sept cens (sic) cinquante-six.

Ainsi qu'il arrive en toute question où des intérêts opposés sont aux prises, les uns trouvèrent quelque rigueur dans cette façon de procéder à Tégard d'un religieux presque octogénaire, dont les sentiments de Q soumission ne faisaient doute pour personne. D'autres avaient compté sur plus de sévérité de la part des juges ; mais ils ne se réjouissaient pas moins du résultat obtenu, et l'avocat Barbier, qui savait son monde, n'a eu que trop raison de dire : « C'a toujours été une satisfaction pour les jansénistes de voir brûler par les • mains du bourreau un livre d'un jésuite de réputation ^»

L'émotion excitée par cet arrêt, en un temps où les conflits pour cause de religion étaient à l'ordre du jour, ne tarda pas à se perdre au milieu des troubles publics qui marquèrent la fln de 1756. Nous avons dit précédemment quelle était à cette époque l'irritation générale semée dans l'air; il nous reste à voir la part qui fut faite à Christophe de Beaumont.

1 Journal, l. VI, p 293.

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