DÉPART POUR L EXIL
peine perdue. « A la Cour, dit-il, quand on gagne du temps, on croit avoir tout gagné ^ »
Christophe de Beaumont se hâta de pourvoir aux besoins du diocèse pendant le temps, plus ou moins long, que devait durer son absence. Son premier souci fut de nommer quatre vicaires généraux : l'ancien évêque de Québec (Pontbriand) spécialement chargé des ordinations, l'archidiacre Regnauld, le chanoine Robinet et Jacques de l'Écluse, curé de Saint-Nicolas-des- Champs. Tous étaient revêtus de pleins pouvoirs, sauf à l'endroit des Hospitalières, dont il se réservait encore toute la cause. Ses chers pauvres ne pouvaient être oubliés : les grands vicaires eurent ordre de continuer, en son nom, les mêmes aumônes qu'il avait coutume de répandre.
Le vendredi 6, fête des Rois, l'archevêque se mit en route après le dîner. Il n'emmenait avec lui que ses neveux et un domestique, en recommandant d'héberger les autres pendant ime année entière dans les dépendances du palais. On verrait plus tard à les congédier, s'il y avait lieu.
Cet exil lointain fut très commenté. Il était aisé de comprendre que la question demeurait entière et que pas une des difficultés pendantes n'avait reçu de solution.
» Mémoires, t. n, p. 57.